Contamination au Covid-19 : une quarantaine de cas suspectés au sein de l'abattoir Bigard ?

Une quarantaine de suspicions de Covid-19 auraient été enregistrés à l'abattoir Bigard de Quimperlé depuis la fin mars, notamment au sein de l'atelier découpe où travaillent des prestataires extérieurs. Aucune confirmation du côté de l'Agence régionale de santé de Bretagne. 
 

Bigard, à Quimperlé (Finistère), est le leader français de la viande.
Bigard, à Quimperlé (Finistère), est le leader français de la viande. © Maxppp - Dominique Mesgouez
Les salariés de l'abattoir Bigard, sont-ils allés travailler la peur au ventre au plus fort de l'épidémie du Coronavirus ? 
La question mérite d'être posée.

Entre la fin mars et le mois d'avril, une quarantaine de suspicions de cas de Covid-19 auraient été enregistrés dans l'abattoir, selon nos informations. Cela concernerait notamment l'atelier découpe où travaillent des prestataires extérieurs comme les tâcherons du groupe EVS.  

L'abattoir, qui n'a jamais cessé son activité depuis le début de la crise, aurait mis en place les mesures barrières exigées, " ni plus, ni moins". Horaires décalés, distanciation physique, plexiglas. Le port du masque désormais obligatoire dès l'arrivée des salariés sur le parking n'a pas été imposé au départ, selon les consignes gouvernementales. "Dans l'usine, on se croise sans cesse, sur le parking, dans les vestiaires, sur les chaînes", précise un syndicaliste.

L'agence régionale de santé ne confirme pas ces suspicions. Comment ce regroupement de cas aurait-il pu échapper aux autorités sanitaires ?  Peut-être parce que durant le confinement les tests étaient réservés aux malades les plus sérieusement atteints. "Ce n'est que depuis le déconfinement que les tests sont systématisés et les cas contacts tracés par l'assurance maladie" rappelle l'ARS Bretagne.

 "Les salariés qui avaient mal à la tête ou qui avaient de la fièvre étaient renvoyés chez eux. L'entreprise leur demandait d'aller voir leur médécin qui les arrêtait quelques jours. Quand ils appelaient le centre 15 pour se faire dépister, on leur répondait que les symptômes n'étaient pas suffisamment alarmants. Un vrai scandale sanitaire! On venait travailler en craignant de mettre en danger notre santé et celle de nos proches", conclut ce syndicaliste.  


Rassurer, c'est la règle numero 1 dans ce secteur durement touché ces dernières semaines. "C'est important aussi vis-à-vis du grand public, affirme Michel Caradec, chargé de mission au sein de la branche agro-alimentaire de la CFDT. Il faut faire attention à l'image que la filière renvoie au consommateur durant cette crise. La réactivité des employeurs est cruciale. Certains semblent avoir mis trop de temps à réagir. Cela reflète malheureusement la dureté du dialogue social dans bon nombre d'entreprises."

Ni la société Bigard, leader français de la viande, ni le groupe EVS n'ont donné suite à nos demandes d'informations. 
 
 "Du bon sens et des mesures rassurantes"

A Pouldreuzic, l'entreprise Hénaff a choisi de jouer dès le début la carte de la prévention pour rassurer ses collaborateurs. " Le port du masque, la prise de température dès l'arrivée sur site, les gestes barrières ont été généralisés tout de suite", explique la directrice marketing de l'entreprise familiale. "Des mesures salvatrices pour éviter toute contamination en chaîne. Il y a eu deux ou trois cas de contamination au Covid-19 et quelques suspicions dans les ateliers de fabrication. Mais cela reste très minoritaire au regard de la centaine de colloborateurs des ateliers de fabrication. Le protocole sanitaire que nous avons élaboré a permis d'éviter la propagation du virus." 

Depuis le déconfinement, une charte de bonnes pratiques doit également être signée par les salariés en télétravail (ce qui reste la règle) avant qu'ils ne réintègrent les locaux. "Chaque collaborateur qui revient travailler sur site s'engage à respecter les gestes barrières, les distances physiques, le port du masque mais aussi à désinfecter quotidiennement son bureau, poignées de porte ou clavier d'ordinateur. Cela complète le travail des équipes chargées de la désinfection quotidienne des bureaux et de l'usine. Ce n'est pas toujours simple mais cela rassure tout le monde et finalement ces règles ne sont pas vécues comme des contraintes mais comme des mesures de bons sens rassurantes." détaille Caroline Guivarc'h, rappelant que la sécurité sanitaire fait partie des valeurs cultivées par l'entreprise plus que centenaire.
 
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