Coronavirus. Citadins confinés cherchent cadre idyllique en Bretagne

Publié le Mis à jour le
Écrit par Corentin Bélard
Une maison typique des îles bretonnes
Une maison typique des îles bretonnes © BELPRESS/MAXPPP

L'un des effets inattendus du confinement, c'est l'engouement de certains citadins pour des biens immobiliers offrant de grands espaces. Désireux de se mettre au vert, beaucoup choisissent la Bretagne. 


La Bretagne, ses côtes, son océan, sa culture, ses paysages... et sa tranquillité. La région profite d'un fort potentiel touristique d'ordinaire, même si le confinement a fait souffrir le secteur. Et confinés en ville, certains Français se sont pris à rêver d'obtenir un pied-à-terre à la campagne, pour profiter des grands espaces.
 

Une maison avec un jardin extérieur


"Depuis début avril, nous avons retrouvé un rythme équivalent à la même période l'année dernière," explique Charles-Hubert Challain, responsable de l'agence Bourse de l'Immobilier à Carhaix. "Nous sommes contactés par de nombreuses personnes de grandes villes, surtout de la région parisienne, qui cherchent une maison secondaire pour pouvoir se confiner en famille en cas de nouvelle épidémie.

Le professionnel recense une dizaine de nouveaux contacts chaque semaine correspondant à ce type d'acquéreurs. Le Centre Bretagne propose de nombreux biens à faible budget (comparé aux tarifs franciliens) et possédant un espace extérieur, deux caractéristiques recherchées par ces familles las du confinement en appartement.
"Ces personnes arrivent avec des budgets entre 150 et 200.000 euros. Ce sont des sommes supérieures à celles demandées sur le marché du territoire," ajoute Charles-Hubert Challain.

Une tendance que confirme Claude Lemarchand, de la SAS Immobilier du Bélem à Rostrenen (Côtes-d'Armor). Il indique que "les petites maisons en pierre typiques de la région se négocient aux alentours de 40 à 50.000 euros. Ces contacts représentent surtout une curiosité de la part des intéressés."
 
 

"Finalement la difficulté sera l'offre"


Dans les Côtes d'Armor, les résidences en bord de mer sont d'ordinaire très recherchées par les acquéreurs.
"Ces biens seront a fortiori plus convoités dans les mois à venir," une fois que les visites seront possibles. "Mais nous continuons d'avoir de nombreux contacts même pendant le confinement, et finalement la difficulté sera l'offre" explique Marie Rouvière, à la tête de deux agences à Plérin et Saint-Quay-Portrieux.

Depuis la mi-mars, l'activité de ses agences est fluctuante. "Avec les beaux jours début avril, nos annonces ont été plus consultées. Cet intérêt est croissant depuis que le gouvernement a annoncé des dates sur la levée du confinement". 
 

De nouveaux profils d'acquéreurs


De l'autre côté de la région, dans les environs de Larmor-Plage (Morbihan), "nous commençons à avoir des profils différents de ceux habituels parmi nos prises de contact," selon Maître Mathilda Tersiguel. "Auparavant, la principale clientèle correspondait à des acheteurs morbihannais en quête de résidence principale. Depuis mi-mars, nous sommes contactés par des personnes extérieures à la région, d'autres départements, essentiellement citadins."

Ces dernières années, le marché de la maison secondaire avait quelque peu souffert en Bretagne selon la notaire, "mais le contexte sanitaire a lui redonné un coup de fouet."
 

Le télétravail comme un incitation


Les divers budgets se répartissent dans des territoires différents : "le littoral propose des habitations plus chères que dans l'intérieur des terres. Notre président de chambre a remarqué une forte hausse des demandes dans son secteur de Guéméné-sur-Scorff (Morbihan) bénéficiant de prix plus attractifs."

Mathilda Tersiguel estime aussi que le télétravail encourage les citadins à changer de résidence. "Les cadres et autres professions pouvant travailler depuis chez eux sont tentés de changer de décor et peuvent tout aussi bien être actifs depuis une résidence en bord de mer." Une situation sensiblement plus agréable qu'un appartement en centre-ville.
 
 

Vraie visibilité à l'automne 


Certains notaires bretons restent eux plus circonspects. "Nous avons constaté une baisse de notre activité de 75% avec le confinement," regrette Maître Vincent Lemée, notaire rennais responsable de la communication du Conseil Régional des Notaires de Bretagne.

"Concrètement, à l'heure où je vous parle, le marché est à l'arrêt. Si certaines personnes projettent d'acquérir un bien, elles ne peuvent pas encore concrétiser leur volonté." Et rien ne confirme qu'elles vont réellement faire les démarches une fois le confinement terminé.

Aucune certitude donc pour le notaire, qui estime que "nous aurons une vraie visibilité à l'automne sur cette tendance, après un retour 'à la normale'."

Vincent Lemée se veut clairvoyant sur la suite des événements : "cet été sera à mon avis de très faible activité, car les projets d'achats estivaux qui se mettent en place sur le printemps ont eux aussi été stoppés. Ce n'est qu'au minimum au mois de septembre que nous retravaillerons normalement."

Pour le moment, seules les visites de biens en visioconférence sont autorisées. Mais déjà les professionnels du secteur immobilier peuvent respirer et songer à un avenir meilleur d'ici la fin de l'année.

 

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