Algues vertes : une année dans la moyenne avec une précocité record dans les Côtes d'Armor

Bilan des algues vertes dan sles Côtes d'Armor
Les algues vertes reviennent régulièrement sur notre littoral breton. Cette année, leur prolifération a été spectaculaire et particulièrement précoce. Des algues que l'on traite dans une usine à Lantic. / Intervenants : Mark Briand, directeur technique Kerval - Yohan Le Moine, opérateur et conducteur d'engin - Reportage : Catherine Bazille - Philippe Queyroux

Elles appartiennent au paysage breton. Les marées vertes apparues dans les années 60 reviennent invariablement sur le littoral chaque année. Dans les Côtes d'Armor, l'usine de Lantic a tourné à plein régime en mai et juin. D'après la préfecture de région, le cru 2017 serait dans la moyenne.

Par Thierry Peigné

Une fois de plus, les algues vertes ont bien été visibles sur certaines plages du littoral breton. Et cette année le phénomène a été marqué par des quantités impressionnantes sur certains secteurs au printemps. Les quantités ramassées en avril et mai ont été 40 % plus élevées qu’en 2009, année jusqu’à présent la plus précoce.

Les raisons de ce phénomène ne viennent pas des concentrations en nitrates, en diminution régulière dans les baies à algues vertes, mais dans les facteurs climatiques : un hiver doux impliquant une température clémente de l’eau, peu ou pas de tempête pour disperser les algues et une luminosité exceptionnelle avec un printemps ensoleillé.


L'usine de Lantic à plein régime

Unique centre de traitement et de valorisation des algues vertes dans les Côtes d'Armor, l'unité de Lantic a tourné à son régime maximum certaines semaines d'avril à juin avec 1 000 tonnes par semaine.

Ayant pour mission de valoriser les algues vertes ramassées sur les estrans de la baie de Saint-Brieuc, cette usine a une capacité de 20 000 tonnes par an. D'avril à septembre, elle en a traité 8 500 tonnes, les quantités échouées sur le secteur en juillet et août ayant bien diminuées après celles du printemps. Ce bilan reste cependant l'un des plus élevés depuis la création de l'usine en 2010.

22 000 tonnes ont été collectées sur le littoral des Côtes d'Armor cette année. Un ramassage qui s'est effectué dans les 24 heures suivant l'échouage des ulves, évitant ainsi les odeurs nauséabondes en période estivale mais surtout le dégagement d'hydrogène sulfuré, ce gaz dangereux voire mortel produit lors de la décomposition des algues vertes.


Un traitement pour les rendre inoffensives et les valoriser

A peine déchargées dans le centre de Lantic, les algues sont aussitôt mélées à quantités égales avec des branchages. Ce mélange est stocké dans des box de fermentation-séchage pour une durée de deux à trois semaines. Il est ventilé constamment par de l’air chaud afin d’accélérer l’évaporation de l’eau des algues.

Par la suite, les algues, criblées et débarrassées du sable et des branchages, terminent leur maturation sur la plateforme durant un an afin de prévenir tout risque de présence d’hydrogène sulfuré lors de leur utilisation finale.

En Bretagne, en 50 ans de marées vertes, si des solutions de traitements ont été trouvées moyennant des dizaines de millions d'euros d'investissements, la question de la prolifération de ces algues reste d'actualité.

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