• FAITS DIVERS
  • SOCIÉTÉ
  • ECONOMIE
  • POLITIQUE
  • CULTURE
  • SPORT

Décès d'un joggeur : le corps va être exhumé

Lieu où un joggeur a été retrouvé mort dans l'estuaire du Gouessant à Hillion (22). Bâche laissée par les sauveteurs. / © France 3
Lieu où un joggeur a été retrouvé mort dans l'estuaire du Gouessant à Hillion (22). Bâche laissée par les sauveteurs. / © France 3

Rebondissement dans l'affaire du joggeur retrouvé mort le 8 septembre dans une vasière près d'Hillion (22). Suite au témoignage d'un pompier intervenu sur les lieux du drame, le parquet de saint-Brieuc a décidé de faire exhumer le corps de la victime afin de procéder à une autopsie.

Par Thierry Peigné

Ce mercredi, Bertrand Leclerc, le procureur de la République annonçait que les premières auditions des sauveteurs intervenus sur les lieux où avait été récupéré le corps du joggeur, ne faisaient pas état de la présence d'algues vertes et de malaises quelconques provoqués par le dégagement d'algues en décomposition. Il écartait à ce moment-là l'idée d'une autopsie du corps, la famille y étant entre autre farouchement opposé.

Revirement de situation

Suite à un nouveau témoignage important, le procureur de la République a demandé l'exhumation du corps de la victime. "Contrairement aux éléments rapportés initialement au Parquet, un pompier qui a procédé à la récupération du corps, indique que celui-ci n'était pas enlisé jusqu'à la taille, mais allongé face contre terre sur la vase, le visage dans la boue" explique le magistrat dans un communiqué.

Un infarctus comme première thèse du décès

Ce témoignage se distingue des premiers recueillis. "Sur la base des premiers témoignages verbaux recueillis, la thèse suivante avait été avancée: en s'aventurant imprudemment dans la vasière, la victime qui venait de courir plusieurs kilomètres, s'y était enlisée jusqu'à la taille et y était décédée, vraisemblablement d'un infarctus, en s'épuisant pour tenter de s'extraire" explique le procureur. 

Le corps ramené sur la berge par les pompiers avait été examiné sur place par un médecin qui n'avait pas posé d'obstacle médico-légal et avait délivré le certificat aux fins d'inhumation. De même la famille, acceptant ces explications, avait alors refusé toute investigation médico-légale complémentaire, notamment une éventuelle autopsie.

La thèse d'une mort en lien avec les algues vertes 

Ce nouveau témoignage relance donc les investigations dans cette affaire où la poursuite de l'enquête s'est réalisée après que des associations environnementales sont montées au créneau, évoquant l'hypothèse d'un décès pouvant être en lien avec la présence d'algues vertes. Elles demandaient l'autopsie du corps de cet homme de 50 ans, le lieu du drame étant celui où à l'été 2011 36 sangliers avaient été retrouvés morts à un moment où les dépôts d'algues vertes étaient importants dans cette zone.

Suite au nouveau témoignage et après s'être entretenu avec la famille de la victime, le procureur a donc ordonné l'exhumation du corps en vue de son autopsie et d'analyses complémentaires (toxicologiques et anatomo-pathologiques). Par ailleurs des prélèvements de vase en surface et profondeur ont été effectués la semaine dernière et des analyses sont en cours.

Une plainte contre les Préfets

Ce jeudi soir, les associations "Halte aux marées vertes" et "Sauvegarde du Trégor" ont confirmé comme elles l'avaient annoncé le 19 septembre qu'elles vont déposer plainte ce vendredi à 14h contre le Préfet de Région et le Préfet des Côtes d'Armor pour "mise en danger délibérée de la vie d'autrui". Elles mettent en avant la mort de ce joggeur et "les nombreuses alertes sur la grave toxicité des marées vertes en décomposition enfouies dans les sédiments, sable et vase, régulièrement adressées à Messieurs les préfets de Région et des Côtes d'Armor et restées sans suite".

A lire aussi

Sur le même sujet

Anthenea, la maison flottante de luxe

Les + Lus