La Coop des masques lance un appel à financement citoyen et invite à acheter français

La société coopérative lancée en janvier dernier à Grâces dans les Côtes d’Armor a besoin de 600 000 euros supplémentaires pour financer une machine textile essentielle. Elle sollicite citoyens et sociétaires. Elle lance aussi un appel à privilégier les masques français.
La Coop des masques produit 45 millions de masques par an
La Coop des masques produit 45 millions de masques par an © J.Le Badézet

Le 19 janvier dernier le projet est devenu réalité. Après des mois de réflexion, de recherche de financement et de démarches administratives diverses, la Coop des masques lançait sa production.

Aujourd’hui, 65 000 masques chirurgicaux et 50 000 masques FFP2 sont fabriqués chaque jour sur le site de Grâces dans les Côtes d’Armor. Une fierté pour les 24 salariés de cette société coopérative bretonne mais aussi pour les différents partenaires et les 1792 citoyens sociétaires.
 

Relocaliser la production de masques pour pallier la pénurie

L’idée de cette société coopérative est née en pleine crise sanitaire. Alors que la France connaît une pénurie de masques et importe massivement de Chine, Serge le Quéau, figure du syndicalisme, et Guy Hascoët, ancien secrétaire d’Etat à l’économie solidaire décident de relancer la production de masques dans les Côtes d’Armor. Une réponse concrète et immédiate aux déclarations d’Emmanuel Macron qui estimait alors que la fabrication des masques devenait un « enjeu stratégique pour la nation ».

Ainsi née la Coop des masques, sous le statut de société coopérative d’intérêt collectif. Les salariés, les citoyens, les collectivités locales et des partenaires privés s’allient en devenant tous sociétaires de la Coop des masques. Une belle aventure collective et solidaire qui nécessite aujourd’hui d’être consolidée financièrement.
 

Appel à sociétaires

La Coop des masques a réuni jusqu’ici 1,4 millions d’euros, de quoi rénover les locaux (une ancienne usine désaffectée), acheter les premières machines françaises et lancer l’activité.

Désormais il lui faut trouver les 600 000 euros manquant pour finir de payer LA machine textile qui produit le Meltblown, le tissu filtrant. Un élément clef. Avec cet investissement l’intégralité du masque pourra être fabriquée sur place.

Pour devenir sociétaire : https://www.lacoopdesmasques.com/adhesion/part-sociale-de-la-scic-la-coop-des-masques/

 

Désormais il faut vendre des masques

Les sociétaires de la Coop des masques sont confiants sur leur recherche de financement. Leur priorité absolue est d’abord de vendre des masques. Leur production de 45 millions de masques par an est aujourd’hui achetée par des clients du secteur de l’agro-alimentaire, de la santé et des collectivités locales. Mais il faudrait en vendre davantage. Cela serait facilement réalisable si les consommateurs et tous les acteurs publics jouaient le jeu. Car les bonnes intentions se confrontent souvent à la réalité économique. Vendus à 7 euros, les 50 masques bretons sont plus chers que les Chinois et de nombreux marchés publics passent ainsi sous le nez des Costarmoricains. Une aberration pour les porteurs du projet.

« Le projet de relocalisation a vu le jour, et nous sommes très fiers de ça. Nous produisons des masques bretons et en coopérative depuis janvier mais l'ensemble des acteurs publics se doit d'accélérer l'intégration des critères sociaux et de qualité dans les marchés publics » commente Jessica Le Badezet, la responsable communication de la Coop des masques.

Le syndicat des Fabricants Français de Masques a récemment adressé un manifeste au chef de l’Etat pour demander que toutes les administrations, institutions et entreprises publiques achètent des masques français dès à présent.

La filière emploie pas moins de 100 000 personnes en France.

 

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