Splann !, le « Disclose breton », lève 30 000 euros en un mois

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Écrit par SG avec AFP

Les jeunes journalistes à l’origine de Splann !, l’ONG qui promeut un journalisme d’investigation « à la Bretonne », a levé en un mois près de 30 000 euros pour financer leurs enquêtes. La première devrait être publiée fin mars.

L’association Splann !, fondée il y a un mois du côté de Guingamp, veut promouvoir le journalisme d’investigation, et faire financer par le citoyen ses enquêtes. C’est le modèle de « Disclose », qui parraine le projet, et qui a permis à la journaliste Inès Léraud de mener à bien son enquête sur les algues vertes.

L’association Splann ! « en clair » en breton, avait récolté ce lundi 29.195 euros auprès de 605 donateurs sur une plateforme de financement participatif.

Pour Faustine Sternberg, cofondatrice, la rapidité de la levée de fonds "n'est pas une surprise". "On sent un vrai besoin de ce genre de formats, d'enquêtes poussées sur des sujets de fond", dit-elle. 

Cette somme devrait permettre de financer trois enquêtes en 2021 sur des thématiques liées notamment à la "puissance de l'industrie agro-alimentaire" bretonne, aux "nouveaux modes de production d'énergie", à la corruption, aux "radicalisations des luttes sociales et environnementales" ou aux "atteintes aux libertés publiques", selon un communiqué.

Une association "lanceuse d’enquêtes" et indépendante

Le modèle économique de Disclose, c’est de l’investigation sur le long terme, financée par le don. Sans actionnaire, sans publicité, ce média à but non lucratif a récemment publié des révélations sur les essais nucléaires français en Polynésie.

Agés de 25 à 35 ans, ils travaillent tous dans des médias locaux, et souhaitent créer une déclinaison régionale de Disclose, tout en restant indépendant.

"Les médias d'actualité n'ont pas forcément le temps de creuser certains sujets", explique Faustine Sternberg qui précise que Splann! veut nouer des partenariats avec des médias locaux et nationaux pour "qu'ils publient des enquêtes" mises à disposition gratuitement par l'ONG bretonne. "L'idée, c'est que l'info soit ouverte à tous", explique-t-elle. 


La première enquête devrait être publiée à la fin du mois de mars et sera accessible gratuitement en français et en breton. D'autres suivront dans les mois qui viennent.