Tenue unique à l'école. C'est à Plouisy dans les Côtes-d'Armor que la seule expérimentation bretonne aura lieu

Emmanuel Macron a annoncé une expérimentation de la tenue unique dans 100 établissements lors de sa conférence de presse ce mardi 16 janvier. En Bretagne, un seul test devrait avoir lieu à l'école primaire publique de Plouisy dans les Côtes-d'Armor qui accueille 141 élèves.


Emmanuel Macron l'a annoncé le mardi 16 janvier 2024 lors de sa conférence de presse : le port d'une tenue unique sera expérimenté dans 100 établissements en France dès cette année et pourrait être généralisé en 2026 "si les résultats sont concluants"

En Bretagne, une seule expérimentation devrait être menée à l'école primaire publique de Plouisy, près de Guingamp dans les Côtes d'Armor. L'établissement regroupe 141 élèves.

"Nous avons été contactés par le cabinet de Gabriel Attal lorsqu'il était ministre de l'Éducation nationale, confirme ce mercredi 17 janvier Rémy Guillou, maire de la commune et référent du parti Renaissance sur ce secteur. J'ai proposé aux élus de participer à cette expérimentation, ils l'ont accepté. Désormais, nous devons avancer avec les enseignants et les parents pour mettre en place ce projet."

Une réunion de travail regroupant les élus, les représentants des parents d'élèves et de la communauté éducative devrait avoir lieu ce mardi 23 janvier à Plouisy.

"Je pense que nous avons été sollicités parce que je suis ancien inspecteur d'académie et que notre école avait déjà bénéficié d'une subvention de 90 000 euros dans le cadre du conseil national de la refondation", ajoute le maire qui voit aussi dans cette expérimentation l'occasion "d'attirer le regard de façon positive sur notre école et notre commune."

Les résultats scolaires également observés

Contactée, la direction des services départementaux de l'éducation nationale des Côtes d'Armor précise l'objectif de cette expérimentation : "Tester les effets du port d’une tenue unique sur le climat scolaire et l’ambiance globale dans les classes. Au final, parce que le climat scolaire a des effets sur les apprentissages, l’observation portera aussi sur les résultats des élèves."

Un "faux problème" pour les syndicats d'enseignants

Sécrétaire départemental de la FSU, première fédération syndicale en France de l'enseignement, Olivier Debretagne dénonce de son côté un "faux problème" : " Ce n'est pas la tenue unique qui va changer quoi que ce soit en termes d’intégration des élèves et de harcèlement." 

Les inégalités sociales ne se retrouvent pas uniquement dans les vêtements, mais aussi dans les accessoires comme le cartable dont ne tient pas compte la tenue unique.

Olivier Debretagne

Secrétaire départemental FSU 22

Le représentant syndical appelle à augmenter les bas salaires et à favoriser la mixité sociale dans les établissements scolaires.

Il rappelle aussi que les faits de violence ont explosé dans les écoles primaires : 130 cas d'insultes, de jets d'objets, de coups ou de morsures ont été signalés par des professeurs des écoles dans les Côtes d'Armor au premier trimestre de cette année scolaire, c'est le double des signalements réalisés les années précédentes. 

Hors de question de cautionner des mesures gadget. Il faut de vraies solutions comme le fait de diminuer le nombre d'élèves par classe et accompagner au maximum ceux qui sont le plus en difficulté.

Olivier Debretagne

Secrétaire départemental FSU 22

Dénonçant la quasi-disparition des réseaux d'aides spécialisées aux élèves en difficulté (Rased) dans les Côtes d'Armor, Olivier Debretagne appelle aussi à "arrêter de supprimer des postes dès que la démographie diminue. Cela va être le cas cette année avec des suppressions de postes et des fermetures de classe en cascade dans le département. C'est la preuve que pour améliorer les conditions d'apprentissage des élèves, on ne se base pas sur des moyens, mais sur des gadgets.

Les dernières commissions rectorales évoquaient la suppression de 14 équivalents temps pleins dans les écoles primaires et maternelles, 18 dans les collèges publics du département et de 21 dans les lycées généraux et technologiques publics.