Covid-19 : le variant breton a-t-il disparu ?

Pas moins de 4 000 variants de la Covid-19 circulent actuellement autour de la planète, dont le variant breton. Selon la dernière étude de Santé Publique France du 21 avril 2021, 37 personnes ont été contaminées par ce variant, 16 d'entre elles sont décédées. Mais est-il toujours en circulation?

Marie-José Dufour, médecin biologiste responsable du laboratoire de l'hôpital de Lannion
Marie-José Dufour, médecin biologiste responsable du laboratoire de l'hôpital de Lannion © PHOTOPQR/LE TELEGRAMME/MAXPPP

Tout a commencé à l’hôpital de Lannion, le 22 février dernier. Plusieurs patients présentent des symptômes caractéristiques de la Covid, mais leurs tests PCR sont négatifs. Les médecins s'interrogent. 

Des prélèvements plus profonds sont effectués dans leurs voies respiratoires. Le variant breton est découvert : 20 C/H655Y, de son nom scientifique, se cachait dans leurs poumons. 

Le séquençage des échantillons montre des modifications génétiques du SARS et neuf mutations sur la protéine Spike du virus, celle qui lui permet de s’accrocher aux cellules.  


37 cas décelés, 16 morts

Le 14 mars 2021, le variant breton est classé "à suivre"

Tous les virus, c’est dans leur nature, mutent et évoluent. Parfois, en devenant moins agressifs, d’autres fois, malheureusement, en se faisant plus contagieux ou plus virulents. La plupart de ces changements sont invisibles.

Mais dans le cas de la Covid-19, toutes les transformations sont étudiées et analysées au niveau mondial et les données de chaque pays sont partagées dans le Gisaid, "Global Initiative on Sharing Avian Influenza Data".

L’Organisation Mondiale de la Santé classe les variants en 3 catégories :

Au 21 avril 2021, selon Santé Publique France, 37 cas de variant breton ont été confirmés. 34 en Bretagne, 3 dans d’autres régions, mais chez des personnes ayant un lien avec la zone de circulation du virus en Bretagne. 

A ce jour, le variant breton a entrainé la mort de 16 personnes et les recherches continuent.

Car la difficulté, depuis l’apparition de ce variant, reste son diagnostic : sur les 37 malades, 3 seulement ont été identifiés grâce aux tests naso-pharyngés. Pour tous les autres, des prélèvements profonds ont été nécessaires.

Les médecins envisagent deux hypothèses : soit le variant breton descend plus vite entre les voies respiratoires supérieures et les voies respiratoires inférieures, soit il "préfère" les cellules du poumon.
 

La variant breton est du genre... discret

Dans les deux cas, les tests PCR classiques peinent à le remarquer. Cela pourrait ressembler à une bonne nouvelle, puisque s’il est installé plus loin dans les corps des patients, les risques de contaminations par la toux et la respiration devraient être moindres. Mais il y a un mais : s’il est moins contagieux, comment a-t-il pu créer des clusters comme à l’hôpital de Lannion ? Cela pose question.
 

© PHOTOPQR/LE TELEGRAMME/MAXPPP


Cette discrétion, c’est sans doute le plus grand danger du variant breton.

Il est fort possible que des malades soient passés inaperçus. Pour l’instant, la circulation du variant semble limitée, mais la difficulté à détecter sa présence pourrait, selon Santé Publique France, "avoir pour conséquence une diminution de l’efficacité des mesures de contrôle actuelles de la transmission du SARS-CoV-2, basées sur l’isolement des malades ayant un test diagnostique positif et le contact-tracing". 

Les autorités maintiennent donc toute leur vigilance, des investigations se poursuivent. Le variant breton reste sous surveillance.

 

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