Lannion : Nokia annonce moins de suppressions d'emplois que prévu. Les syndicats attendent de voir

La société finlandaise Nokia annonce diminuer le nombre de suppressions d'emplois en France. A Lannion, ce chiffre passerait de 402 à 240. Un projet de centre de cybersécurité sur le site costarmoricain serait également envisagé par le groupe.

Mobilisation à Lannion le 8 septembre 2020 contre le plan de suppressions d'emplois chez l'équipementier en téléphonie, Nokia.
Mobilisation à Lannion le 8 septembre 2020 contre le plan de suppressions d'emplois chez l'équipementier en téléphonie, Nokia. © B. Van Wassenhove - France Télévisions
L'équipementier télécoms finlandais Nokia déclare, ce vendredi 23 octobre, renoncer à 247 suppressions d’emplois en France sur les 1 233 annoncées : 162 à Lannion dans les Côtes d'Armor et 85 à Nozay dans l’Essonne. Il annonce également la possible ouverture d’un centre de cybersécurité qui créerait 112 emplois : 97 à Lannion et 15 à Nozay avant la fin 2021. Pour mémoire, à Lannion, 402 suppressions de postes avaient été annoncées en juin 2020.
 

Réactions des syndicats


Le délégué central CFDT, Pascal Guihéneuf, se dit "satisfait pour le site de Lannion qui retrouve un avenir, si les propositions vont jusqu'au bout." La CGT, elle, se montre plus dubitative. Philippe Mulot, délégué syndical CGT précise : " La direction ne s’est pas engagée, elle parle d’une ambition de création d’un centre mondial d’expertise en cybersécurité à Lannion." Et le syndicaliste de rappeler que déjà en décembre 2016, lors d’une visite de Jean-Yves Le Drian, alors ministre de la Défense, une telle annonce avait été faite. "Elle n’a jamais vu le jour", conclut-il. 


Bercy et la Région Bretagne satisfaits


De son côté, le ministre de l'Economie, Bruno Le Maire, y voit une "avancée significative, qui semble confirmer la volonté de Nokia de privilégier en priorité la France pour ses activités de recherche et développement". Dans son communiqué, le ministère de l'Economie et des Finances laisse entendre que les projets industriels de Nokia qui réduiront l'impact du plan social pourraient faire l'objet d'un soutien dans le cadre du plan de relance.

Décision bien accueillie également à la Région. Dans un communiqué, Loïg Chesnais-Girard, le président de la région Bretagne, qualifie cette décision "d'importante et positive". "Elle ouvre des perspectives pour l’avenir du territoire (...) Pour autant, beaucoup reste à faire", poursuit-il.
 

Rappel des annonces de suppressions d'emplois chez Nokia 


Le 22 juin 2020, Nokia avait annoncé un projet de 1 233 suppressions de postes en France. Il s'agissait du quatrième plan social depuis le rachat en 2016 d'Alcatel-Lucent par le Finlandais. Le gouvernement l'avait qualifié d'inacceptable en l'état.
Le député LREM des Côtes d'Armor, Eric Bothorel, avait estimé que Nokia se "moquait du monde", en annonçant son "plan à la limite exacte de l'engagement qu'ils avaient pris il y a quatre ans de ne pas licencier et même d'embaucher dans la recherche, qui expirait en juin".
           

La concurrence de Huawei


Au niveau mondial, Nokia est engagé depuis plusieurs années dans une chasse aux coûts pour surmonter des résultats en dents de scie et les effets de la percée du Chinois Huawei dans le secteur. Le groupe finlandais redresse graduellement sa rentabilité. Il a enregistré un bénéfice net de 94 millions d'euros au deuxième trimestre 2020 (contre une perte de 193 millions au deuxième trimestre 2019), avec un chiffre d'affaires en baisse de 10,6%, du fait notamment de la crise de la Covid-19.

Selon le président de Nokia en France, Thierry Boisnon, "les deux projets actuellement à l'étude confirment la vision stratégique et l'engagement à long terme de Nokia pour faire de la France un centre d'expertise mondial en matière de recherche et développement (R&D) dans le domaine des réseaux mobiles avancés et des services de sécurité."
 
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