"Le Rassemblement national veut nous remettre à la cuisine" : en Bretagne, les femmes dans la rue contre l'extrême droite

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À une semaine du premier tour des élections législatives, les organisations féministes appelaient à descendre dans la rue contre le Rassemblement national. À Carhaix, Douarnenez, Lannion, Rennes, Lorient, Vannes ou Saint-Brieuc, des centaines de femmes ont battu le pavé pour défendre leurs droits qu’elles disent menacés par l’extrême-droite.

"Les femmes ont des pouvoirs, et notamment celui de voter ", commence malicieusement mais fermement Corinne Troël. Toute de violet vêtue, couleur symbole des luttes féministes, elle est descendue dans la rue à Saint-Brieuc (Côtes-d'Armor).

"On sait que quand les partis d’extrême droite prennent le pouvoir, ils ne le rendent pas, estime la militante. « On va essayer », ça ne suffit pas : on a déjà essayé. Et ce n’est pas possible !"

Les femmes ont du pouvoir et de la mémoire

Ce dimanche 23 juin, elles sont un peu plus de 500 dans les rues de Saint-Brieuc. "On sait que si le Rassemblement national l’emporte, tous les droits des femmes seront mis à mal, y compris le droit à l’avortement, s’inquiète Alexandra Jeammet, co-présidente de la Maison des femmes des Côtes-d’Armor. Même si ce droit est aujourd’hui inscrit dans la Constitution, il peut être annihilé, ne serait-ce qu’en enlevant les moyens."

Régis défile avec sa fille Zia."Toutes les lois pour les droits des femmes ont été refusées par le RN" s’indigne-t-il. Je n’ai pas envie qu’elle vive dans une société dirigée par ces gens-là."

"Les femmes ont le pouvoir de voter… et de la mémoire", ironisent les manifestantes. Et de rappeler que lors du vote pour l’inscription de l’interruption volontaire de grossesse (IVG) dans la Constitution, onze députés du Rassemblement national ont voté contre et 20 se sont abstenus. En 2018, cinq des six députés RN s’étaient déjà abstenus lors du vote de la loi contre des violences sexuelles et sexistes proposé par Marlène Schiappa, soulignent-elles.

"Quand on regarde ce que le RN a voté ou n’a pas voté, on comprend vite que leurs discours ne sont que des mensonges" s’agace Alexandra Jeammet. Ou alors, c’est qu’on n’a pas du tout les mêmes conceptions du droit des femmes !"

"De l’amour, pas du R-haiNe !"

Dans le cortège, une jeune femme brandit une pancarte : "De l’amour, pas du R-Haine". À côté d’elle, Moira et ses copines avancent d’un pas décidé. "Nous on a 16 ans, et donc pas encore le droit de voter. Alors il fallait qu’on trouve les moyens de dire nos craintes, considère-t-elle. Nos mères, nos grands-mères se sont battues pour avoir des droits, pour qu’on puisse exister. On a peur d’un retour en arrière."

"L’idée du RN, c’est de remettre les femmes à la cuisine affirme Corinne Troël. Ils pensent que leur place elle est là et que ce serait bien qu’elles se taisent aussi !"

 

Mais se taire ne fait pas du tout partie des projets du jour des manifestantes. Tour à tour, une fanfare ou les accords de Bérurier noir, "La Jeunesse emmerde le Front national", rythment leurs pas.

"Le RN prend des sujets pour cliver et faire peur, s’indigne encore Corinne Troël. Ils nous parlent des personnes trans. Qu’est-ce que ça peut leur faire, en fait ? (...) Nos corps, nos choix !" tempête-t-elle, reprenant le slogan du planning familial.

Ils se servent de cette question comme de celle de l’immigration. Ils agitent le spectre du grand-remplacement par les personnes trans. Il faut rester réaliste. En France, il y a six millions de jeunes de moins de 26 ans. Combien il y a de personnes qui sont concernées par la trans identité ? Même pas 1%.

Corinne Troël

militante féministe

Alors elle insiste : "Il faut que les gens qui hésitent à aller voter sachent que derrière il y a des vies qui seront impactées !"

(avec Lara Dolan)

 

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