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Routes : le réseau secondaire est-il en danger ?

© Photo PQR / Maxppp - S. Belloumi
© Photo PQR / Maxppp - S. Belloumi

Selon un rapport rendu au mois de juillet à la ministre des transports, Elisabeth Borne, 17% des routes françaises sont gravement endommagées. Le résultat d'un sous-investissement chronique depuis dix ans. Si rien n'est fait d'ici 20 ans, ce sont 62% des routes qui seront dégradées.

Par Nathalie Rossignol


Cette alerte a été entendue par le gouvernement qui a annoncé en septembre un plan de plus de 13 milliards d’euros pour les 4 ans à venir. 

Mais qu'en est-il des routes du quotidien, ces routes qui nous mènent sur nos lieux de travail, de loisirs, vers les commerces ? En Bretagne et dans les Pays de la Loire, ce réseau est dense: 100 000 km sont à la charge des communes 40 000 km gérés par les départements... Est-il en danger ?

"Ca c'est le symbole de ce qu'on vit en France....un patrimoine qui part en petits morceaux et qu'on laisse se dégrader".

Dans les mains de Pierre Chasseray, délégué général de l’association 40 millions d’automobilistes, des petits bouts de chaussée détachés de la route secondaire sur laquelle il nous a conduit, à Allones dans la Sarthe… A quelques centaines de mètres, un nid de poule, suffisamment étendu qu’il parvient à se déplacer à l’intérieur, sur plusieurs mètres. "C'est extrêmement dangereux, ce nid de poule, amène à faire un écart, et comme la route n'est pas large, c’est accidentogène""Cette route, c'est du zéro entretien, des années d’inaction, si on continue, un jour elle fermera".

Des exemples comme celui-ci, Pierre Chasseray peut en citer une multitude, recensés par les automobilistes eux-mêmes sur l’application que son association a mis en ligne.
 

Des budgets d'entretien insuffisants

Selon lui, la France, longtemps première en matière d’état des routes, a glissé à la septième place européenne faute de budgets suffisants, tant au niveau national qu’au niveau des collectivités sous-dotées. "

"Maintenant on n’en est plus à de l’entretien, il faut des budgets de réfection et c’est 7 à 10 fois plus cher".

Des problématiques que connaissent effectivement les conseils départementaux, comme celui des Côtes d’Armor, qui pour éviter cet écueil, investit chaque année environ 20 millions d’euros pour son réseau de 4600 km. "Comme les automobilistes, dans les départements, nous sommes ponctionnés par l’Etat, on a de moins en moins de moyens alors qu’on a toujours autant de choses à faire" regrette Jean-Yves de Chaisemartin, vice-président du conseil départemental des Cotes d’Armor, en charge des infrastructures. Or 400 km méritent de gros moyens. Il faut donc ruser, innover et trouver des solutions moins coûteuses ou plus pérennes : recyclage de matériaux, enduits à froid, ou marquages plus solides et durables.
Réparation d'un nid de poule / © Photo PQR - Maxppp - J. Pelaez
Réparation d'un nid de poule / © Photo PQR - Maxppp - J. Pelaez
 

Les facteurs comme vigies

Des dossiers très techniques et complexes sur lesquels les petites mairies sont parfois un peu démunies. D’où l’idée de Géoptis, une filiale du groupe La Poste qui leur propose un accompagnement et une expertise via un audit.

A la manœuvre, les facteurs, qui pendant leur tournée fixent une caméra sur leur véhicule. Une caméra qui filme tout le réseau routier de la commune. Ici à Hillion, en baie de Saint-Brieuc, l’une des sept villes bretonnes à expérimenter ce service, 80 km de voiries vont être ainsi examinées à la loupe, par une équipe technique installée au Mans. Tous les éléments sont ensuite transmis à une autre équipe nantaise cette fois, qui utilise le logiciel Logiroad, mis au point par des ingénieurs originaires de Concarneau.

A l’issue de ces analyses, la commune bénéficie d’une cartographie complète et interactive, ainsi que des préconisations chiffrées d’investissements à prévoir, année après année, avec des techniques d’entretien. "Avant on prévoyait nos travaux à partir des constations des techniciens de voiries qui consacraient une semaine à parcourir le réseau de la commune, on écoutait aussi les riverains, maintenant l’outil est objectif et exhaustif" précise le maire d’Hillion Mickaël Cosson. Il espère ainsi que sa commune pourra utiliser au mieux les 200 000 euros investis chaque année en fonction des priorités établies par le logiciel.

Un outil qui permettra peut-être à cette commune d’optimiser les budgets alloués pour assurer la pérennité d’un patrimoine essentiel et la sécurité des automobilistes.
 

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