Saint-Brieuc : longtemps mal-aimée, la ville attire. Les prix de l'immobilier ne cessent de s'envoler

Longtemps boudée, la préfecture des Côtes d'Armor est regardée différemment depuis les confinements. Proche de la mer, accessible en train... Saint-Brieuc voit depuis quelques mois les prix de l'immobilier s'envoler : +12% en un an. Témoignage d'un néo-Briochin, ravi de son changement de vie.

"Pour deux fois moins cher, on a deux fois plus grand !" Pour François Renard, le calcul est vite fait. Face à "sa jungle", comme il aime qualifier la vue qu'il a maintenant de son jardin, ce néo-Briochin ne doute pas de son choix.

Avec sa femme et leurs deux filles, il a quitté le 18e arrondissement parisien (où ils vivaient dans un appartement au rez-de-chaussée et sous-sol) pour vivre dans une maison sur trois niveaux en plein centre-ville de Saint-Brieuc. "On a quasiment doublé la surface, sans compter le sous-sol, le jardin, la terrasse..." se réjouit le nouvel habitant.
 


François fait partie de ces nouveaux arrivants qui ont franchi le pas depuis les différents confinements. Culturellement aussi, l'ancien Parisien s'y retrouve, loin de l'image que certains se font de Saint-Brieuc : "Ce n'est pas une ville sans âme, ou lisse ! Pas du tout !"

"Relativement accessible"

Saint-Brieuc, ville attractive ? Il y a encore quelques années, ce n'est pas vraiment le premier adjectif que l'on associait à la cité briochine... En avril dernier déjà, un professionnel de l'immobilier nous avait prévenu : "Une ville moyenne comme Saint-Brieuc qui bénéficie d’un hôpital, d’une ligne TGV, d’une ambiance tranquille et qui est proche de la mer, devient très attractive" annonçait Jean-Michel Eouzan.

Six mois plus tard, le constat est important : les prix ont augmenté de 12% à Saint-Brieuc pour une maison ancienne. Mais avec un prix median à 146.000 euros dans la cité briochine. C'est 5000 € de moins que sur l'ensemble des Côtes d'Armor. "Il y a un marché un peu particulier à Saint-Brieuc, du fait du prix 'raisonnable' des biens qui est toujours un peu à la traîne en terme de valeurs, explique le notaire Bicolas Bocquet. Résultat, on a un marché d'investisseurs, un regain d'attrait lié au montant raisonnable de l'investissement."

Ruses face aux offres en baisse

Paris, mais aussi Lyon, Reims, Rennes, Nantes... Les nouveaux Briochins viennent parfois de loin, attirés par ces prix "relativement bas". En parallèle, le nombre d'annonces ne cesse de fondre : 30 annonces de biens, contre 180 il y a 5 ans.

Dans certaines agences, on ruse pour remplir la vitrine : "A une époque, c'était des annonces en format A4 que l'on affichait, aujourd'hui je suis obligé de les imprimer en format A3 paysage ! reconnaît Christophe Even, responsable d'une agence immobilière. Et je double les annonces : c'est à dire que ce sont les mêmes en vitrine façade et dans l'escalier."

Mieux vaut le savoir, à Saint-Brieuc, aussi, les bonnes affaires partent vite !


 

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