SANTE. "Quand on n'a pas ce qu'il faut au boulot, on passe une mauvaise journée." Clarisse Le Court lève les tabous sur l'hygiène féminine

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Écrit par Dubois Julien .

La Costarmoricaine, Clarisse Le Court et son laboratoire Claripharm, ont été récompensés lors des Victoires de la Bretagne pour leur lutte contre la précarité menstruelle. La Bretonne innove et ses coupes menstruelles pourraient même voyager dans l'espace à des fins scientifiques.

La société Claripharm a remporté la Victoire de l'économie et des entreprises mardi 6 décembre à Roscoff. Ce prix lors des 9èmes Victoires de la Bretagne, récompense l'activisme menstruel mené depuis près de dix ans par Clarisse Le Court et sa société basée à Saint-Alban, dans les Côtes-d'Armor. Depuis 2013, son laboratoire développe des protections hygiéniques réutilisables pour les femmes. 

Ce sont vos produits "médicogénicologiques" qui ont été récompensés, de quoi s'agit-il ? 

Nous fabriquons des dispositifs médicaux, des compléments alimentaires et des produits cosmétiques en santé intime de la femme. Nous développons des produits autour des règles. On lève les tabous. Ce prix valorise aussi toutes nos actions à l'international. Je pense à notre action en Pologne pour les femmes réfugiées ukrainiennes qui n'ont pas accès aux protections d'hygiène, c'est dramatique à notre époque.

L'hygiène féminine, les règles, c'est un sujet encore tabou ? 

Cela valorise 10 ans de travail. De quoi on parle quand on parle de ces 10 ans, de lever des tabous. Nous avons lutté contre la précarité menstruelle avec l'installation des distributeurs de protection d'hygiène féminine dans les écoles, dans les lieux publics mais aussi dans les entreprises. Ce sont des sujets de santé publique car quand on n'a pas ce qu'il faut au boulot, on passe une mauvaise journée. 

Vos produits sont soutenus par l'ONU, comment est venu ce soutien ? 

L'ONU a lancé un appel d'offres il y a un an et demi sur un nouveau segment de produit d'hygiène féminine, de protection hygiénique, pour accompagner les femmes réfugiées, les femmes en grande précarité qui n'ont pas accès à ces produits. Ça veut dire quoi ? Que les jeunes filles ne vont pas à l'école, que les femmes ne vont pas au boulot. Ce n'est pas acceptable... 

Quels sont vos projets de développement pour votre laboratoire ? 

 

Nous avons commencé à discuter avec le Centre National d'Études Spatiales pour avoir une réflexion de recherche et développement afin d'améliorer la gestion des déchets autour des règles. Évidement, c'est un produit réutilisable. Il s'avère que la coupe menstruelle serait la solution. Nous allons travailler ensemble pour voir comment c'est possible. On parle de déchets, on parle de packaging, on parle d'amélioration de tous ces sujets qui pourraient servir pour notre planète. 

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