Algues vertes. "On a le sentiment d'avoir été manipulés" : la veuve du joggeur saisit la justice

En septembre 2016, un joggeur décède dans une vasière envahie d'algues vertes dans les Côtes-d'Armor. Sa veuve décide aujourd'hui de porter l'affaire devant la justice.

Rosy Auffray saisit la justice, trois ans après le décès de son mari
Rosy Auffray saisit la justice, trois ans après le décès de son mari © Valérie Chopin, France 3 Bretagne
En septembre 2016, un joggeur est retrouvé mort dans une vasière envahie d'algues à l'embouchure du Gouessant (Côtes-d'Armor). Trois ans après les faits, sa veuve, Rosy Auffray, décide de saisir la justice pour faire reconnaître la responsabilité des pouvoirs publics. Trois ans, "un temps nécessaire pour nous retrouver. Rien n'était clair dans nos têtes" jusque-là, estime-t-elle

"Tous les événements qu'il y a eu autour des algues vertes, plus tard, ont éveillé l'idée que cela ne s'est pas passé comme cela aurait dû se passer. Notamment par rapport aux analyses qui auraient dû être faites à l'époque". Car il faudra attendre deux longues semaines pour pratiquer une autopsie.
 

On m'a demandé, à moi, 'est-ce que vous voulez une autopsie ?', j'ai dit 'non, je veux rentrer à la maison'


"Aujourd'hui, je regrette de ne pas avoir pris la décision de faire pratiquer l'autopsie, parce que cela aurait évité bien des questionnements sur les causes de sa mort. On aurait une preuve que les algues vertes sont dangereuses et qu'on peut en mourir."

Si l'examen n'a pas été réalisé tout de suite, c'est parce que "le choix [de pratiquer ou non l'autopsie] a été laissé à la famille." Une décision qu'il a fallu prendre bien trop rapidement selon Rosy Auffray : "On en a parlé avec les gendarmes, le maire, le médecin, les filles. On m'a demandé, à moi, 'est-ce que vous voulez une autopsie ?', j'ai dit 'non, je veux rentrer à la maison". Avec du recul, Rosy Auffray estime avoir été "instrumentalisée".
 

Il faut qu'il y ait des procédures mises en place pour que l'autopsie soit systématique


Avec cette procédure, lancée trois ans après les faits, Rosy Auffray souhaite désormais que l'État prenne ses responsabilités, au-delà de son cas personnel. "Nous, on n'aura jamais la réponse pour nous. Mais il faut qu'il y ait des procédures mises en place pour que l'autopsie soit systématique, que personne n'ait à se poser la question.

"Ce qui est important pour la santé publique et pour les gens qui approchent la mer, c'est qu'ils soient prévenus du danger, qu'ils se promènent dans des zones sécurisées et qu'il y ait de moins en moins de marées vertes", conclut-elle.


Reportage de Valérie Chopin et Bruno Van Wassenhove:
Témoignage de Rosy Auffray veuve du joggeur décédé à Hillion


 
Recours contre qui ? Et pourquoi ? La réponse de Me François Lafforgue, avocat de la famille
"Aujourd'hui nous déposons un recours devant le tribunal administratif de Rennes contre l'État, le préfet, la mairie d’Hillion, pour obtenir la reconnaissance de la faute des autorités publiques dans ce problème de santé publique majeur qui est le problème des algues vertes, et l’indemnisation de la famille."

"Nous attendons de la justice administrative qu’elle confirme la faute de l’État comme elle l’a fait dans un précédent dossier, qu’elle indemnise la famille des préjudices subis, et surtout que cela puisse être un fait déclencheur d’une vraie réaction de l’État et qu’enfin des mesures efficaces soient prises par les autorités publiques pour lutter contre la prolifération des algues vertes."
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