Tempête Ciaran. Une vague de solidarité pour réparer les dégâts

Des bûcherons du Puy de Dôme, de Corrèze ou des Alpes Maritimes qui dégagent les routes bretonnes, des électriciens venus d’Irlande qui s'occupent des lignes de la région. Après le passage de la tempête Ciaran dans la nuit du 31 octobre au 1er novembre, des gestes de solidarité se multiplient dans la région. Une aide qui permet de réparer les dégâts et qui réchauffe le cœur des sinistrés.

Le 16 octobre 2017, la tempête Ophelia frappait l’Irlande. 200 000 foyers étaient alors privés de courant. Des agents bretons d’Enedis étaient alors partis prêter main forte à leurs homologues irlandais.

Six ans plus tard, quand les électriciens d’ESB Network ont vu les dommages que la tempête Ciaran a infligé à la région, ils n’ont pas hésité une seconde.

Venus de tout le pays, 60 irlandais sont arrivés ce 5 novembre. Dès aujourd’hui, ils étaient à pied d’œuvre sur la commune de Plusquellec entre Callac et Carhaix, dans les Côtes d’Armor, là où le réseau basse tension a beaucoup souffert.

Il y a une véritable fraternité entre les deux compagnies se réjouissent les électriciens des deux contrées. Et une jolie similitude entre les pays ironise un irlandais en désignant les nuages qui s’amoncellent au-dessus de sa tête.

Arrivés avec leurs camions et leur matériel, ils ne repartiront que lorsque leur mission sera accomplie.

Des bûcherons solidaires

Dans le Finistère, depuis ce dimanche 5 novembre, une soixantaine de bûcherons solidaires s’activent à dégager les routes.

"J’ai reçu un coup de téléphone de mon chef de service à midi vendredi. Je ne travaillais pas, mais il m’a demandé si j’étais prêt à partir en Bretagne. J’ai immédiatement dit oui, raconte Jean-Baptiste Cavard. On a pris la route samedi matin. C’est important de venir donner un coup de main aux copains. Si la tempête avait frappé chez nous, on serait content qu’on vienne nous aider."

 

Les bûcherons du Puy de Dôme épaulent les 200 agents du Finistère. Ils dégagent les branches qui menacent, coupent les arbres couchés sur la voie pour rendre les routes praticables. "Ca a fait du mal, constate Jean-Baptiste Cavard, ça fait mal au cœur."

Si on peut aider avec ce qu’on sait faire, on le fait volontiers

Michel Mirouze, Service environnement du Conseil départemental du Puy de Dôme

"Quand il y a un coup de vent, ça tombe comme ça veut, comme ça peut, explique Michel Mirouze du Service environnement du Conseil départemental du Puy de Dôme. Il faut qu’on dégage tout ça, en faisant attention aux lignes électriques et téléphoniques. Si on peut aider avec ce qu’on sait faire, on le fait volontiers."

Chaud au coeur

 

Ce coup de main est apprécié à sa juste valeur par les bretons. Dans ces moments difficiles, il aide et fait chaud au coeur. "Le département du Puy de Dôme est plus boisé et plus montagneux que le Finistère, décrit Erwan Le Barillec de la Direction des routes au Conseil départemental du Finistère.Ils ont une vraie expertise en élagage et en bûcheronnage."

"Ce sont des vrais professionnels du bûcheronnage, constate Michel Caroff, responsable du centre d'exploitation de Morlaix-Conseil départemental du Finistère. Nos agents ne travaillent pas toute la journée avec une tronçonneuse. C’est très technique, ça ne s’improvise pas, il y a des distances de sécurité à respecter." Les arbres ont été fragilisés par la tempête et les sols sont gorgés d’eau, il faut faire très attention.

Les riverains observent les hommes aller et venir, scier, porter, couper, haler les branches. La route se dégage petit à petit. L’espoir renait.

"C’est incroyable qu’ils soient là, souligne un voisin ému. On ne les remerciera jamais  assez !"  

( avec Claire Louet et Jean-Marc Seigner)