Covid 19: comment les cliniques privées peuvent-elles prêter main forte aux hôpitaux publics face à la 2e vague

Alors que la deuxième vague de Covid-19 met déjà l'activité des hôpitaux sous tension, les cliniques privées de la région viennent à leur rescousse. Une coopération sans précédent qui tire les leçons des ratés de la gestion de la crise sanitaire au printemps dernier.
Pour cette deuxième vague épidémique, la coopération entre établissements publics et privés semble mieux fonctionner
Pour cette deuxième vague épidémique, la coopération entre établissements publics et privés semble mieux fonctionner © A. Marchi/Maxppp
Selon les chiffres du 6 novembre issus de la Fédération des cliniques et hôpitaux privés de France (FHP), 27 patients Covid sont actuellement pris en charge par des établissements de santé privés en Bretagne, dont six en réanimation

C’est plus qu’au printemps dernier. Car, lors de la première vague, la coopération entre public et privé n’a pas toujours bien fonctionné. Sur le papier, il était prévu que les cliniques absorberaient les débords de patients qui ne pouvaient plus être pris en charge dans les hôpitaux. Dans cette perspective, bon nombre d'interventions chirurgicales et de prises en charge programmées avaient été annulées. En réalité, tous ces lits libérés n'ont pas été utilisés, la vague de malades tant redoutée n'ayant pas déferlé en Bretagne à cette période. 

Inemployé, du personnel s'était porté volontaire pour prêter main forte dans les régions de l'Est et d'Ille-de-France.
 
La situation est, cette fois, bien différente. La deuxième vague épidémique n'épargne pas notre région avec 568 personnes hospitalisées dont 84 en réanimation au 4 novembre. "Et nous craignons que le plus dur soit encore à venir", estime Nicolas Bioulou.

L'Agence Régionale de Santé a donc renouvelé pour six mois son autorisation pour que des cliniques privées puissent accueillir des lits de réanimation. Quatre sites bretons disposent depuis mars dernier et jusqu'en mars 2021 de 46 lits supplémentaires:


* Clinique Océane à Vannes (56) : 16 lits
* Hôpital privé des Côtes-d'Armor à Plérin (22) : 12 lits
* Clinique Keraudren à Brest (29) : 8 lits
* Centre hospitalier privé à Saint-Grégoire: 10 lits

S'y ajoutent les 162 lits déjà existants dans les établissements publics ainsi que les autorisations accordées pour d'autres places supplémentaires dans les hôpitaux de la région, cela devait permettre de porter à 400 lits environ la capacité d'accueil en réanimation

En outre, les cliniques peuvent accueillir des malades hors réanimation. C'est le cas au Centre hospitalier privé de Saint-Grégoire près de Rennes, où 15 patients sont actuellement hospitalisés dans un service de médecine dédié au coronavirus qui compte compte trente lits au total.
 


Maintenir le plus d'opérations possible


"L'enjeu est double, explique Nicolas Bioulou. Nous nous sommes préparés à faire face à un nouvel afflux de malades nécessitant des soins de réanimation [NDLR: actuellement, il reste quarante lits dans le secteur privé], à absorber un délestage des CHU de Rennes et Brest mais, à l'inverse du premier épisode épidémiologique, il s'agit aussi d'éviter de déprogrammer massivement les hospitalisations programmées pour d'autres pathologies. Les cliniques essaient donc de mener de front leurs différentes activités: interventions chirurgicales, médecine programmée et prise en charge de la Covid." 

Actuellement, entre 10 et 20% d'interventions chirurgicales auraient été déprogrammées. "Cela suppose un réajustement quotidien. L'objectif de ces reports, c'est de récupérer du personnel paramédical pour qu'il s'occupe des patients covid."
 

Pénurie de personnel



Car les besoins en personnels sont tendus. "Comparé au printemps dernier, nous avons besoin de davantage de personnels pour assurer toutes les activités des cliniques sachant qu'une partie est absente parce que touchée par le virus. Nous devons donc faire avec une pénurie de personnels. Pour l'instant, nous pouvons y faire face avec des redéploiements d'un service voire d'un établissement à l'autre", rassure encore le président de la FHP.

A titre d'exemple, quatre lits de réanimation supposent la présence 24 heures sur 24 et sept jours sur sept de deux infirmières et d'une aide-soignante, soit de quinze professionnels sur une semaine.

 
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