[DATA] La Bretagne, région la plus touchée par le suicide : cinq infos à savoir

Les croix en hommage aux agricultures suicidés sur le parvis de la basilique de Sainte-Anne d'Auray (56) / © Bruno Van Wassenhove - France 3 Bretagne
Les croix en hommage aux agricultures suicidés sur le parvis de la basilique de Sainte-Anne d'Auray (56) / © Bruno Van Wassenhove - France 3 Bretagne

La Bretagne est la région la plus touchée par le suicide selon les statistiques publiées par l'Observatoire régional de santé. Quelles personnes et quels départements sont les plus concernés, quelles raisons peuvent expliquer ce phénomène inquiétant, y-a-t-il des solutions : voici 5 infos à savoir.

Par L.H.

Le suicide est une problématique préoccupante en Bretagne, région la plus touchée par ce fléau, comme le révèle les statistiques publiées par l'Observatoire régional de la santé (ORS) entre 2000 et 2015

En moyenne, 836 personnes se sont donné la mort chaque année sur cette période en Bretagne. Que retenir de ces chiffres ? 

1. De moins en moins de suicides malgré tout

La Bretagne est certes la région qui souffre le plus de la problématique du suicide en France. Mais le nombre de décès est en baisse ces dernières années, comme le montrent les données de l'ORS. 871 hommes et femmes s'étaient donné la mort en 2000. Contre 730 en 2015. 
  

2. Plus de tentatives chez les femmes, plus de décès chez les hommes

Les tentatives de suicide sont plus importantes chez les femmes (59% en 2018) que chez les hommes. Deux tranches d'âges sont particulièrement touchées : les très jeunes femmes entre 15 et 19 ans ainsi que celles âgées entre 45 à 54 ans. 

A contrario, bien plus d'hommes bretons perdent la vie : ils représentent 76% des décès dûs au suicide en Bretagne.  

3. Les Côtes-d'Armor particulièrement touchées

Les départements bretons ne sont pas tous égaux face à ce fléau. Comme le révèle l'Observatoire régional de la santé, les Côtes-d'Armor enregistraient le plus haut taux de suicide comme le montre ce graphique.
Le taux de suicide pour 100 000 habitants chez les Costarmoricains est plus élevé que dans les autres départements chaque année, de 2001 à 2014.
 

4. Comment expliquer ce "fléau breton" ?

Difficile d'identifier les facteurs précis pouvant expliquer cette "surmortalité due aux suicides" en Bretagne. Mais la crise dans le monde agricole est l'une des pistes pouvant expliquer ce fléau en Bretagne, région très agricole.

Les chiffres des suicides chez les agriculteurs sont en effet alarmants, en raison notamment des conditions de vie difficiles et des difficultés financières récurrentes dans cette profession : le risque de se suicider est plus élevé de 12,6% chez les agriculteurs que dans les autres professions. 

Perrine Le Bouffant, chargée de prévention à la Mutualité française Bretagne, le suicide est un fléau historiquement ancré en Bretagne. "La culture bretonne a été malmenée lors de la Seconde guerre mondiale, indique-t-elle. La région a payé un lourd tribut. Après le remembrement, les fermes ont été de plus en plus éloignées, entraînant de l'isolement. Un facteur qui peut aussi expliquer les suicides." 

5. Quelles solutions ?

Plusieurs dispositifs sont en place en Bretagne pour tenter de limiter les suicides. La Mutualité sociale agricole a par exemple lancé Agri'écoute, "un numéro d'écoute" (09 69 39 29 19) pour les exploités et salariés du milieu agricole ainsi que leurs familles, "en cas de situation de souffrance ou de détresse". Il permet de "dialoguer de façon confidentielle avec un professionnel, un psychologue". Via ce dispositif, la MSA compte "prévenir le suicide en milieu rural". 

SOS Amitié, qui compte une antenne à Brest et une antenne à Rennes, est également un acteur qui lutte contre le suicide. Des écoutants permettent aux personnes en détresse de s'exprimer anonymement et en toute confidentialité sur leurs maux.

"On reçoit 11 000 appels par an, explique Jean-Claude Talarmin, président de SOS Amitié à Brest. Les gens qui nous téléphonent souffrent généralement de solitude. Les écoutants bénévoles sont là pour parler avec eux, les aider à retrouver du mieux-être, à prendre du recul sur leur situation pour trouver des solutions". Les personnes en difficulté peuvent ensuite, selon les cas, être redirigées vers des professionnels de santé. 



 

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