Déconfinement : "on ne va pas sortir de là indemne" selon Loïg Chesnais-Girard, président de la région Bretagne

Les présidents de régions participaient à une réunion en visio-conférence avec le Premier ministre ce jeudi pour préparer le déconfinement. L'occasion de poser quelques questions à Loïg Chesnais-Girard, invité de notre 19/20, sur cette après crise et sur le déconfinement à venir en Bretagne. 
Loïg Chesnais-Girard, président du conseil régional de Bretagne à Saint-Brieuc, le 7/06/2019
Loïg Chesnais-Girard, président du conseil régional de Bretagne à Saint-Brieuc, le 7/06/2019 © OUEST FRANCE/Philippe RENAULT/ Maxppp

Le Premier ministre Edouard Philippe a réuni ce jeudi après-midi les présidents de régions par visio-conférence, afin notamment d'aborder "la préparation de la stratégie de déconfinement". Une réunion depuis Strasbourg, pour le chef du gouvernement, en visite au CHU de la ville. Avec les présidents de région il a évoqué notamment "les questions essentielles que sont l'équipement des Français en masques grand public, la stratégie de dépistage et la réouverture des lycées, gérés par les régions". Retour avec Loïg Chesnais-Girard, le président du Conseil régional de Bretagne sur ces échanges et au-delà, sur les lendemains de la crise en Bretagne.
 

L'organisation du déconfinement devrait plutôt s'appuyer sur l'échelon communal ?


"Les échanges que nous avons eu cet après-midi avec le Premier ministre Édouard Philippe montrent qu’il y a besoin de tout le monde sur le pont. Il faut une doctrine nationale, puisqu’on parle de santé publique et donc il faut que cette doctrine soit posée par l’État et ensuite avec une discussion avec les territoires. Les maires sont en première ligne et puis les départements, et les régions, au regard de leurs responsabilités, comme les collèges et les lycées, et le transport scolaire par exemple..."
 

Comment assurer le transport scolaire en respectant les règles de distanciation sociale ?


"Un service est certainement possible. Il nous faut des règles claires pour qu'ensuite nous puissions les organiser et les mettre en place sur nos territoires. Ce sont les mêmes problématiques que celles des maires dans les communes avec leurs écoles. C'est en ce moment, les discussions se font tous les jours car nous avons besoin effectivement de stabiliser tout ça assez rapidement.

Nous attendons maintenant que l’État impose des règles et ensuite nous nous adapterons.

 

Sans restrictions de circulation entre les régions, peut-on craindre un retour des contaminations ?


"Il est clair que la priorité c’est la santé. Nous avons d’ailleurs arrêté notre économie pour préserver la vie, ce qui est quand même considérable et tant mieux. Maintenant nous espérons dans l'ouest notamment, en Bretagne, permettre aux hommes et aux femmes de profiter de la vie, de profiter de nos territoires, de nos côtes, de nos campagnes et peut-être de continuer à accueillir du monde cet été,

parce que le tourisme est vital pour notre économie et vital pour beaucoup d’homme et de femmes.

Nous verrons comment les choses s’organisent. Nous attendons là aussi les règles. S'il doit y avoir une interdiction de mobilité ou des règles particulières et bien il faut le dire et on les appliquera. Et si on peut permettre à cette économie du tourisme, de l'hôtellerie, de la restauration de démarrer avec des règles particulières, ils sauront s'adapter. Nous saurons tous nous adapter. Il faut des règles claires et ensuite les mettre en place."
 
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Déconfinement : les réponses de Loïg Chesnais Girard
 

En termes d'économie, y aura t-il de la casse en Bretagne que ce soit sur l’emploi ou sur les entreprises ? 


"Ce que l’on peut dire d’abord, c’est qu’il y a beaucoup d’hommes et de femmes qui sont au travail, dans l’agriculture, dans la pêche, dans l’industrie agroalimentaire... Toute la transformation alimentaire fonctionne. Des femmes et des hommes courageux sont au boulot en respectant les gestes barrières indispensables pour leur sécurité. Toutes celles et ceux aussi qui font tourner la distribution et puis les services publics, les camions poubelles continuent de tourner par exemple, etc. Ce sont eux qui font tenir le pays. Et puis effectivement, il y a d’autres entreprises, qui sont obligées d’être arrêtées, je pense à l’hôtellerie et la restauration. Des entreprises qui ne peuvent pas redémarrer aussi facilement, comme le bâtiment ou les travaux publics et donc oui, il va y avoir de la casse.

Il faut se le dire, on ne va pas sortir de là, indemne

Et nous avons la chance d'avoir des amortisseurs sociaux assez puissants, notamment le chômage partiel. Mais la question qui va se poser, c’est qu'elle est la suite après ce confinement, une fois qu’on va relancer la machine, est-ce qu’on va retrouver notre vie d’avant ? Je ne le pense pas. Est-ce qu’on va avoir de la casse ? Je le pense. Et donc il faut penser à une réorganisation, une solidarité et certainement une ambition collective pour redémarrer avec certainement des choses qui changeront notamment dans le domaine de l’environnement."
 
 

L’usine de masques de Plaintel va-t-elle rouvrir ? L’État et la région vont-ils soutenir ce projet ?


La région, le département des Côtes d’Armor et Saint-Brieuc agglomération ont exprimé une disponibilité pour accompagner ce projet. C’est un projet qui doit être industriel et avec une viabilité intrinsèque. C’est un projet de territoire dans les Côtes d’Armor, à Plaintel et autour. C'est un projet qui va accompagner la souveraineté de notre pays, de l’Europe, dans le domaine des masques. Nous espérons que ce projet pourra aboutir. Il y a un travail en cours et nous accompagnons celles et ceux, qui le portent. Si ce projet est viable, il sortira et nous l’accompagnerons."


 
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