Démission du ministre de l'écologie Nicolas Hulot : les réactions en Bretagne

Emmanuel Macron pose avec Nicolas Hulot lors de sa visite au Cap Fréhel le 20 juin 2018 / © Fred Tanneau / AFP
Emmanuel Macron pose avec Nicolas Hulot lors de sa visite au Cap Fréhel le 20 juin 2018 / © Fred Tanneau / AFP

Ce mardi dans la matinale de France Inter, l'annonce de Nicolas Hulot a surpris tout le monde : il démissionne de sa fonction de ministre d'État à la Transition écologique et solidaire.
En Bretagne les responsables politiques et les associations écologiques réagissent à cette décision inattendue.

Par Marc-André Mouchère

Annonce impromptue au micro du 7/9 de France Inter ce matin : Nicolas Hulot quitte le gouvernement. Même Nicolas Demorand et Léa Salamé ont été pris de cours.

"Je vais prendre ... la décision la plus difficile de ma vie... Je prends la décision de quitter le gouvernement...  Je ne veux plus me mentir... Je ne veux pas donner l'illusion que ma présence au gouvernement signifie qu'on est à la hauteur sur ces enjeux-là..."
 



Les réactions des Bretons

De nombreuses personnalités politiques ou représentants d'associations environnementales commentent cette décision sur les réseaux sociaux ou par communiqués de presse:

Gilles Huet,  Délégué Général de Eau & Rivières de Bretagne a transmis un communiqué de presse ce 28 août 2018 :

"L'immense majorité des français a apprécié la démarche sincère et responsable de Nicolas HULOT au sein du gouvernement et sa volonté de mettre en œuvre l'indispensable transition écologique notre société. Les Français ne peuvent donc être que déçus de cet échec du Président de la République et de son gouvernement. Ils constatent avec amertume le fossé grandissant entre la perception par la société civile de la gravité et de l’urgence des enjeux environnementaux et l'incroyable cécité et l’immobilisme des responsables politiques.
Eau & Rivières de Bretagne remercie Nicolas HULOT de cet engagement.


Pour Alain BONNEC, Président d'Eau & Rivières de Bretagne, « il aura fallu beaucoup de courage à Nicolas Hulot, isolé au sein de ce gouvernement,qui n'a de toutes évidence pas compris l'urgence climatique,et la nécessité d'un changement radical  de la politique publique ; en prenant en conscience cette décision, Nicolas HULOT fait honneur à tous ceux qui, au sein de la société civile, s'engagent et luttent au quotidien pour une planète viable".


Nathalie Appéré, maire de Rennes (PS) s'est exprimée dans les colonnes de Ouest-France
"J’ai du respect pour cette décision difficile qu’il a pris. J’espère avec lui que cet acte fort et sincère provoquera une prise de conscience générale. Nous n’avons plus le choix. On a besoin de changer de modèle pour la planète. La transition écologique c’est une affaire collective. Cette démission, c’est un appel pour chacun et chacune."


Marylise Lebranchu (PS) ex maire de Morlaix, ex ministre de François Hollande, 
 


Yohann Nédélec, premier secrétaire fédéral du Parti Socialiste du Finistère, considère que c'était une décision inéluctable :
 
"Une fois de plus, Emmanuel Macron a cédé face à un lobby, en l’occurrence celui des chasseurs. Mais ce fut la fois de trop pour Nicolas Hulot qui vient d’annoncer qu’il quitte le gouvernement.
Cette décision était, de toutes façons, inéluctable. En effet, les discours sont trop en contradiction avec les actions engagées sur des sujets comme la transition énergétique, les transports ou l’agriculture.
 
La notion du « en même temps » s’est heurtée aujourd’hui à la réalité.
On ne peut pas proclamer « make our planet great again » et, en même temps ne pas donner les moyens aux offices HLM de construire des bâtiments à haute qualité énergétique.
On ne peut pas se féliciter des décisions de justices prises aux Etats-Unis contre Monsanto et repousser la date de l’interdiction du glyphosate en France.
On ne peut pas se dire pour une agriculture respectueuse de l’environnement et supprimer les aides à l’installation des agriculteurs bio.

 
Pour leur part, les socialistes du Finistère, dans les collectivités où ils sont en responsabilité, ont pris la mesure de l’enjeu climatique et agissent au quotidien, avec les moyens dont ils disposent, pour réduire notre empreinte énergétique.
Comme des millions d’électeurs, Nicolas Hulot a cru, de bonne foi, au discours électoral d’Emmanuel Macron. Mais il fallait que les actes soient en cohérence avec les slogans. Après un peu plus d’un an, chacun voit bien que cette stratégie conduit à une impasse.
 
Oui, il y a urgence à lutter contre le réchauffement climatique dont les effets provoquent des catastrophes sur l’ensemble de la planète : fonte des glaciers, ouragans, canicule, incendies…
Mais compte tenu de l’ampleur des défis, le temps n’est plus aux petites combines politiciennes qui visent à satisfaire telle ou telle clientèle électorale ou tel lobby. Il est à une prise de conscience et surtout à des décisions courageuses. Pour leur part les socialistes du Finistère restent mobilisés pour organiser cette transition indispensable."


Benoît Hamon (Génération.s) 
 

Du coté des élus LREM de Bretagne beaucoup saluent le travail accompli par Nicolas Hulot :


Sandrine Le Feur Députée LREM Finistère qui soutenait Hulot dans sa lutte contre le glyphosate et les pesticides chimiques


Florian Bachelier Député LREM Ille-et-Vilaine



François André Député LREM Ille-et-Vilaine



Réaction à Saint-Lunaire

À Saint-Lunaire où Nicolas Hulot habite depuis 2005 on le dit facile à aborder et toujours prêt à échanger quelques mots quand il fait des courses. Ici aussi la surprise est grande. Michel Penhouët, le maire de Saint-Lunaire tente de se l'expliquer.






 

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