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Deuxième jour de blocage dans certains lycées bretons

Blocage du lycée Emile Zola, dans le centre de Rennes, ce vendredi 7 décembre / © M. Thiébaut - France 3
Blocage du lycée Emile Zola, dans le centre de Rennes, ce vendredi 7 décembre / © M. Thiébaut - France 3

Le mouvement des lycéens se renforce aujourd'hui. Certains établissements encore ouverts hier, sont aujourd'hui bloqués. Le rectorat d'Académie annonce ce vendredi 7 décembre qu'une quinzaine de lycées bretons connaissent des perturbations.

Par M Thiébaut

Comme annoncé hier lors d'une assemblée générale à l'Université Rennes 2, de nombreux établissements rennais ont rejoint le mouvement contre la réforme du lycée et contre le système d'admission à l'Université Parcours sup. Ce vendredi matin, de nouveaux établissements entrent dans la danse. 

A Rennes, les lycées Victor et Basch, Joliot-Curie, Descartes, Emile Zola sont officiellement bloqués, comme le lycée de Bruz.  Selon les chiffres de l'Académie, 8 lycées sont bloqués à Rennes. Ailleurs en Bretagne, 7 établissements connaissent des perturbations : Saint-Brieuc, Quimper, Landerneau, Pontivy, Hennebont, Bruz, Montfort sur Meu.
 

"Cette réforme va créer des inégalités"


Devant les grilles du lycée Emile Zola, dans le centre de Rennes, les élèves se galvanisent aux cris de "Macron démission!".

Lucie, en classe de Terminale, ne sera pas concernée personnellement par la réforme du lycée. Mais, dit-elle, "cette réforme va créer des inégalités". "Je me suis renseignée, tous les lycées ne proposeront pas [à leurs élèves] les mêmes matières à sélectionner. Certains lycées seront mieux lotis que d'autres. Et une fois qu'on aura choisi les spécialités, l'orientation sera fermée, au lieu d'ouvrir des possibilités."
 
 


Premiers concernés: les élèves en classe de seconde cette année


Si les protestations lycéennes se trouvent réactivées dans la foulée des "gilets jaunes", elles se font aussi plus pressantes à l'approche de la mise en oeuvre de la réforme du lycée: dès le mois de janvier 2019, les élèves de seconde vont devoir formuler des voeux, en vue de pré-sélectionner trois matières qu'ils conserveront en passant en classe de 1ère. Ces trois matières, appelées "spécialités", sont à choisir en dehors du tronc commun à tous: français, philo, histoire-géo, enseignement moral et civique, deux langues vivantes, sport, "humanités scientifiques et numériques".
 

Des spécialités, mais lesquelles?



Problème: les lycées ne sont pas encore informés des spécialités qu'ils seront autorisés à proposer à leurs élèves. "Encore une réforme à marche forcée, et dans la précipitation", regrette Ronan Guillemot, professeur au lycée Joliot-Curie à Rennes, et représentant local du Syndicat national des enseignements de second degré ( SNES). Le proviseur de l'établissement confirme: "je ne sais pas encore quelles seront les spécialités ici", précise Dominique Boisramé, proviseur du lycée Joliot-Curie. 

Parmi les trois matières choisies, qui peuvent être les mathématiques ou la physique-chimie par exemple, l'une d'elles devra ensuite être abandonnée en classe de Terminale. Mais laquelle? Gwenael Le Paih, secrétaire général du SNES FSU Bretagne, explique ainsi s'être renseigné pour ses élèves envisageant de suivre des études en biologie, après le bac. Ses contacts à l'université lui auraient répondu qu'en classe de Terminale, l'élève devrait choisir, contre toute attente, la spécialité "mathématiques" et celle de "physique-chimie", et abandonner "Sciences et vie de la terre", discipline pourtant assimilée à de la biologie notamment. 
 

Correspondre au profil pour intégrer une université


Ce système de sélection de spécialités en 1ère et Terminale fait craindre ainsi à certains élèves un enseignement diminué. Associé au système Parcours sup pour entrer à l'Université, il laisse l'élève face à des choix compliqués, et pas forcément éclairés.  Le risque est aussi de le contraindre dans une seule orientation, dès la fin de la classe de seconde. 

 

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