Emploi : la Bretagne est la région la moins touchée par la crise sanitaire

Après une forte chute due à la crise sanitaire, 20.500 emplois ont été créés en Bretagne au 3e trimestre 2020, selon une enquête de l’Insee. Un rebond qui ne lui permet pas de retrouver son niveau d’avant-crise, mais qui fait d’elle la région la moins touchée par la crise.

Un chantier de construction à Cesson-Sévigné, près de Rennes
Un chantier de construction à Cesson-Sévigné, près de Rennes © DAMIEN MEYER / AFP

Après le point bas atteint à la fin du deuxième trimestre 2020, l’activité a rebondi de manière très vive au troisième trimestre (+18,7 % par rapport au trimestre précédent) et la consommation a quasiment retrouvé son niveau d’avant-crise. De plus, le deuxième confinement pèse moins que le premier. Certains secteurs ont su tirer parti de l’expérience acquise au printemps, selon une analyse de l'Insee Bretagne.

Ainsi, en Bretagne, entre fin juin et fin septembre, avec 22.500  créations nettes, l’emploi salarié s’est redressé de 1,7 %. Après une baisse de 2,2 % au premier semestre 2020, il n’a pour autant pas retrouvé son niveau d’avant-crise (-0,5 % soit 6.300 emplois de perdus par rapport à fin 2019), mais la Bretagne reste la région de métropole la moins impactée par la crise sanitaire. Au niveau national, l’emploi connaît un repli de 1,2 % points depuis le début de l’année.


L’intérim : en forte hausse


Après un recul historique au 1er trimestre (- 35,7 % par rapport à fin 2019), puis un début de reprise au 2e trimestre (+21,7%), l’intérim continue de se redresser au 3e trimestre 2020. Avec 7.700 emplois créés, il n’a cependant pas encore retrouvé son niveau d’avant-crise. 

Plus prononcée dans la construction, cette embellie profite à tous les secteurs ayant recours aux emplois intérimaires. 


Le tertiaire marchand : le rebond


Au 3e trimestre 2020, l’emploi salarié dans le tertiaire marchand hors intérim affiche un rebond en Bretagne de 1,3 % soit + 6 200 emplois. Toutes les activités de ce secteur sont concernées, excepté le commerce qui, au cours des trois derniers mois, a perdu 300 emplois (1.300 emplois depuis le début de la crise).


La construction ne connaît pas la crise


En Bretagne, comme en France, la construction est le seul secteur d’activité épargné par la crise du Covid. Dans ce secteur, l’emploi a progressé de 1,1 % au 3e trimestre 2020 soit +800 emplois. En un an, cette hausse atteint  2,1 %.

Pour les quatre départements bretons, 25.300 logements ont été autorisés à la construction entre octobre 2019 et septembre 2020.  Les autorisations de construction résistent toujours (+5,2 %), dans un contexte de baisse au niveau national (– 10,4 %). 

D’octobre 2019 à septembre 2020, 22.900 logements ont été mis en chantier dans la région, soit une hausse de 4,1 % par rapport au cumul de juillet 2019 à juin 2020. 


L’industrie : quasi-stable


Au 3e trimestre 2020, l’emploi dans l’industrie bretonne est quasi stable (– 0,1 % soit – 200 emplois), après – 0,9 % au premier semestre (– 1.600 emplois). Mais dans le même temps, le recours à l’intérim s’intensifie, signes de fortes incertitudes sur les perspectives économiques. 


Le taux de chômage : une hausse en trompe-l’œil


Le 3e trimestre marque un retour à la "normale" des comportements de recherche d'emploi en période de confinement. Si bien qu’après la baisse en "trompe-l'œil", le taux de chômage bondit de 1,2 point pour s’établir à 7,5 % de la population active (9 % au niveau national). 

Cette forte augmentation par rapport à son niveau d’avant-crise au 4e trimestre 2019 (+0,8 point en Bretagne ; +0,9 en France) témoigne d’une nette dégradation du marché du travail. 
Malgré tout, la Bretagne est la région en France qui connaît le plus faible taux de chômage, avec un nombre d'inscrits à Pôle emploi en catégorie A, B ou C qui recule de 2,0 % au 3e trimestre.

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