Après l'incendie des Monts d'Arrée, des spécialistes de la nature au chevet de la flore et de la faune :"Après l'émotion, il va falloir se mettre en ordre de marche !"

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Écrit par catherine Jauneau avec Muriel Le Morvan

L'image a marqué les esprits au milieu du mois de juillet : Celle du Mont Saint-Michel de Brasparts, noire, jusqu'à la chapelle sauvée miraculeusement des flammes à son sommet. Près de 1.800 hectares de landes et de tourbières ont brûlé. Quinze jours pour tard, une communauté de spécialistes du milieu naturel sont venus sur place pour faire un diagnostic et définir des axes de travail.

Ce jour-là, la brume est en train de se lever au cœur des Monts d'Arrée, qui portent les stigmates de l'incendie qui a frappé ce site emblématique du parc naturel régional d'Armorique en plein été. Un groupe de naturalistes est venu sur place pour mesurer l'ampleur des dégâts sur ce lieu qu'ils protègent depuis des années .Marion Hardegen, du Conservatoire botanique national de Brest veut rester confiante en examinant les sols calcinés : " On va repartir de zéro mais dans certaines zones, c'est impressionnant, c'est resté un peu vert. Il y a un espoir que certains éléments aient pu résister au feu !"

Botanistes, ornithologues, spécialistes des landes des tourbières déjà prêts à se mobiliser

on est une communauté attachée à ce lieu. Aujourd'hui il s'agit de partager la découverte du site. IL y a de l'émotion mais après, il va falloir se mettre en ordre de marche pour faire un diagnostic.

Jérémie Bourdoulous Parc naturel régional d'Armorique

Jean Noel Ballot, ornithologue de Bretagne Vivante, est rassuré de revoir certains oiseaux, comme cette buse qu'il aperçoit aux jumelles en train de poursuivre un faucon crécerelle. Les courlis heureusement venaient juste de repartir vers le sud avant l'incendie. Les passereaux des landes, par contre, ont disparu.

L'incendie s'est déclaré la nuit et cette espèce n'est pas à l'aise en nocturne. En plus, il y avait des nichées avec des jeunes. Beaucoup ont dû brûler selon le spécialiste, qui sait qu'ils ne reviendront pas l'an prochain, car leur habitat à été détruit.

Un diagnostic pour aider le comité de pilotage afin de régénérer le site

Dans les tourbières, où la molinie commence à reverdir, les botanistes eux, partent à la recherche de plantes très rares. La sphaigne molle par exemple.

En temps normal, la sphaigne molle est vert tendre avec des extrémités violacées. Elle était déjà en stress à cause de la sécheresse. L'incendie est passé dessus mais de façon superficielle quand même.

José Durfort spécialiste des mousses

D'ici fin aout, tous ces experts vont faire un bilan détaillé des chances de régénération des 1800 ha brûlés. Ce travail va permettre de donner une aide à la décision aux élus et aux services de l'état. Le comité de pilotage aura le 1er septembre matière à travailler sans se fourvoyer.