Brest : au Cedre, pour apprendre à combattre les pollutions, les stagiaires mettent les mains dans le pétrole

Expert dans la gestion des pollutions accidentelles des eaux, le Cedre est aussi un centre de formation où les stagiaires sont mis en situation réelle de catastrophe écologique. Basé à Brest, dans le Finistère, l'organisme s'est taillé une réputation internationale en 40 ans d'existence.

Un bassin d'eau de mer dans lequel sont déversés cinq mètres cubes d'hydrocarbure. Masqués, casqués, gantés et en combinaison, des hommes et des femmes s'activent autour de cette nappe qu'il faut absolument confiner. Cette opération délicate constitue l'un des exercices pratiques pour les stagiaires du Cedre, le centre de documentation, de recherche et d'expérimentations sur les pollutions accidentelles des eaux basé à Brest, dans le Finistère. 


En situation réelle de pollution


Organisme unique au monde, le Cedre - qui a vu le jour au lendemain de la marée noire provoquée par l'Amoco Cadiz en 1978 - supervise, chaque année, la formation de près de 1.500 stagiaires. A Brest, où sont installés un plateau technique de 2,5 hectares (bassin extérieur, plage et plan d'eau, puits de pompage, etc), un laboratoire ou encore des outils de modélisation. Mais aussi à l'étranger. 

Ce jour-là, les stagiaires sont des pompiers, des industriels du pétrole, des agents portuaires et de la direction départementale des territoires et de la mer. "Ils sont confrontés à une situation réelle de pollution, explique Arnaud Guéna, directeur adjoint du Cedre. Ils sont au contact du pétrole, ils doivent mettre en oeuvre le matériel qu'ils seront amenés à utiliser et sont chargés d'organiser l'intervention, selon les règles de l'organisation maritime internationale".
 

C'est très formateur car quand on a été confronté aux salissures, aux contraintes d'organisation, à la difficulté de pomper le pétrole et de le nettoyer, on retient à quel point c'est compliqué.

Arnaud Guéna, directeur adjoint du Cedre


Du vrai matériel, des vrais hydrocarbures pour mieux intégrer les techniques de lutte contre la pollution des eaux. Et apprendre à faire face à une nappe de pétrole en milieu mouvant. "On leur explique comment confiner cette nappe avec un barrage flottant, à la concentrer à l'aide de jets d'eau puis à la récupérer grâce à des dispositifs de pompage". 


Réputation internationale


L'exercice se poursuit à terre, sur une plage artificielle de 2.500 m2 où les stagiaires vont devoir s'attaquer à des enrochements et galets pollués. Là encore, il faut adopter les bons gestes, ne pas s'épuiser à la tâche, éviter la précipitation et avoir du discernement. "Souvent, ils partent tête baissée, note Arnaud Guéna. Or, il faut avoir conscience de la pénibilité de ce travail. D'autant qu'ils auront eux aussi à encadrer des bénévoles en cas de pollution".

Le terrain alterne avec des cours théoriques car, comme le souligne le directeur adjoint du Cedre, "il y a des principes de base à respecter pour être certain que l'on ne va pas transférer du pétrole de la zone polluée vers une zone propre ni générer trop de déchets et encore moins exposer les travailleurs à des risques sanitaires. Tout cela nécessite non seulement une formation théorique mais aussi une certaine prise de conscience à travers les phases pratiques".

En quarante ans d'existence, le Cedre s'est taillé une réputation internationale. L'association intervient lors de catastrophes en France et à l'étranger. Exemple à l'Ile Maurice, au mois d'août dernier, lors de l'échouage d'un vraquier japonais qui a provoqué une marée noire sur les côtes de l'île
 
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