Brest : des renforts de policiers et des caméras pour répondre aux violences à Pontanézen

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Des renforts de policiers dans les heures qui viennent, la création d’une Brigade anti-Criminalité de jour au mois et l’installation de caméras. La réponse des autorités, après les incidents des derniers jours dans le quartier de Pontanézen à Brest, se veut ferme et rapide.


"Il n’y a pas de zone de non droit ! Ni à Pontanézen, ni ailleurs à Brest ! "Le préfet du Finistère a décidé de taper immédiatement du poing sur la table.

Après les incidents ces derniers jours, il a rassemblé autour de lui, le procureur de la République, le maire de Brest et le commissaire de Police.

"Des renforts de policiers sont attendus dans les heures qui viennent" a- t’-il annoncé "et une Brigade anti-Criminalité de jour, viendra compléter celle qui opère la nuit dès le début du mois de février. Elle sera composée de 8 à 10 membres."

En 2021, rapporte le commissaire Nicolas Hoarau, les policiers ont fait face à une dizaine d’accrochages avec des tirs de mortiers d’artifice. "Il faut que l’on maintienne une présence visible sur le terrain pour que les habitants ne se sentent pas abandonnés."

Des caméras de surveillance

En mars, des caméras de surveillance seront également déployées dans le centre-ville et à Pontanézen. Enfin, le protocole d’intervention en cas de difficultés entre le transporteur Bibus et les forces de Police sera amélioré. "Il faut sauvegarder coûte que coûte la liberté fondamentale d’aller et venir, insiste Philippe Mahé, les conducteurs et les usagers doivent se sentir en sécurité dans les transports, ce protocole d’intervention est nécessaire pour rassurer les uns et les autres."

La réponse sera aussi judiciaire

"Ce qui s’est produit, aura un prolongement judiciaire affirme Camille Mansoni, procureur de la République. On pourrait voir les actes de ces derniers jours comme des actes d’intimidation, mais la justice ne va pas se laisser intimider. Les personnes qui ont commis ces actes seront poursuivies pour rassurer l’ensemble des habitants qui n’attendent qu’une chose, que ces personnes, qui pour certaines viennent parfois d’autres quartiers pour commettre des actes de délinquance, soient arrêtées."

Scènes de guérilla

Depuis le milieu de la semaine dernière, le quartier de Pontanézen est le théâtre de scènes de guérilla urbaine. Tout a commencé mercredi 19 par une série d’interpellation dans le cadre d’une enquête sur un trafic de stupéfiants. Plusieurs personnes ont été placées en détention.

En réponse, des voitures ont été brûlées, et ce samedi soir, 22 janvier, un tramway a été pris dans un guet-apens. Un véhicule qui lui portait assistance a été incendié et les forces de l’ordre arrivées sur place ont essuyé des tirs de mortier.

Le calme doit revenir, et vite, font savoir les autorités, "je suis déterminé à ce que les habitants de ce quartier puissent vivre et vivre bien, il faut restaurer le calme et la sécurité" a martelé le préfet.

"Ca ne suffit pas" 

Eric Kerbrat, secrétaire départemental du syndicat Unité SGP Police ne cherche pas une seconde à masquer sa déception. "Ca ne suffit pas ! Une Bac de jour, c'était déjà prévu, et la vidéo protection, ça ne sécurise pas. Ils sont tous masqués, cagoulés, qu'est ce qu'elles vont voir les caméras ? Et puis, on voit bien dans les autres villes, ils coupent les fils, cassent les objectifs.. Il faut des effectifs sur le terrain !" 

"On a peur, acquiesce Michel-Ange, habitant du quartier, on a la double-peine, on est pauvre, et en plus on doit vivre avec l’insécurité des voitures qui brûlent. C’est dommage, ça pourrait être un beau quartier, mais on veut tous partir !"

Un élu brestois menacé sur le terrain : "On va te saigner !"

Ces derniers jours, Yohann Nédelec, adjoint à la tranquillité urbaine à Brest a passé de longues heures dans le quartier de "Ponta". Il y était mercredi soir après les premières tensions, puis jeudi quand un véhicule a été incendié. ll a été menacé, comme il l'indique sur son compte Twitter.

Au moment où les pompiers venaient d'éteindre le feu, il s'est approché d'un groupe de jeunes gens. "Je voulais juste me présenter, j'ai à peine eu le temps de dire, Bonjour, Yohann Nédelec, je suis adjoint au maire, j'ai reçu un 'On va te saigner, et ta famille te reconnaîtra pas' "

L'élu a décidé de porter plainte , "Si je ne le fais pas, c'est comme s'il ne s'était rien passé" souffle-t-il. "Alors que rien ne justifie cela."

"La veille avec l'élu de quartier, on se disait que Pontanézen allait mieux, qu'il n'y avait pas eu de grosses difficultés depuis 2014. Il y a parfois des incivilités, mais là...  Les interpellations ont mis le feu aux poudres " témoigne l'élu "et il faut que la Police continue, il faut que les travailleurs sociaux continuent, que l'école continue. Il ne faut pas laisser ces actes se banaliser."

Comme le préfet, l'élu répète, "nous sommes dans un état de droit."