Charles de Gaulle : le virus probablement embarqué à Brest selon le chef d'état-major des armées

L'équipage du porte-avions français Charles de Gaulle a probablement été contaminé par le nouveau coronavirus lors de l'escale du bâtiment à Brest, a déclaré dimanche le chef d'état-major des armées.

Le porte-avions Charles de Gaulle à quai à Toulon alors que l'épidémie de coronavirus a contaminé une bonne partie de l'équipage - 12/04/2020
Le porte-avions Charles de Gaulle à quai à Toulon alors que l'épidémie de coronavirus a contaminé une bonne partie de l'équipage - 12/04/2020 © AFP / Marine Nationale

"On considère, on pense (...) que cette contamination s'est produite à l'escale qui a eu lieu à Brest au mois de mars (du 13 au 16 mars, ndlr)", a déclaré le général François Lecointre sur France Inter.

Près des deux-tiers de l'équipage du porte-avions, soit 1 046 marins sur 1 760, ont été testés positifs, mais l'origine de la contamination reste une énigme.
    
L'équipage, en mission depuis fin janvier, n'a pas été en contact avec un élément extérieur après cette escale à Brest, au cours de laquelle une relève d'une cinquantaine de personnes est montée à bord et des centaines de marins sont descendus à terre. Les premiers cas de maladie Covid-19 n'ont été identifiés qu'au cours de la première semaine d'avril, soit au-delà de la durée d'incubation (quatorzaine) habituellement admise pour le virus.

La ministre des Armées Florence Parly avait relevé vendredi que "plusieurs hypothèses" étaient "à l'étude", y compris que le virus ait pu être déjà présent à bord avant l'escale.


Tous les soupçons sur l'escale à Brest


Si l'hypothèse de la montée du virus à bord lors de l'escale de Brest est privilégiée, "nous ne pouvons pas en avoir la certitude à 100%", a concédé le chef d'état-major de la Marine, l'amiral Christophe Prazuck, dans le Journal du Dimanche.
Deux enquêtes, une de commandement et une épidémiologique, ont été diligentées sur la gestion de la crise d'une part, le processus de contamination du bâtiment d'autre part.Le général Lecointre a concédé que la question du maintien de l'escale à Brest s'était posée mais réitéré qu'au vu des connaissances du moment sur la propagation du virus, il n'avait pas été jugé nécessaire de l'annuler. La France n'était alors pas encore entrée en confinement.

"On s'est posé la question à partir du début mars de savoir si on allait la maintenir. La décision prise par le commandement des armées, par moi-même, par le chef d'état-major de la Marine, a été de maintenir cette escale parce qu'elle correspond(ait) à une nécessité logistique", a-t-il dit.

Les familles n'ont alors pas été autorisées à monter à bord, comme cela avait été initialement prévu, a rappelé le général Lecointre, mais les marins qui le souhaitaient ont pu débarquer. "Les mesures qui ont été données d'autorisation de sortie en ville, qui semblaient à l'époque et en l'état de la connaissance du virus et de ce qui était appliqué comme règle en France à ce moment-là, et dans une région, en particulier l'Ouest breton dans lequel on n'avait aucune connaissance d'un moindre cas, paraissaient légitimes", a-t-il ajouté.

L'amiral Prazuck a précisé que le commandement avait alors demandé aux "marins qui souhaitaient débarquer, dont un tiers avaient de la famille à Brest, d'éviter la zone d'Auray (distante de 170 km, ndlr) qui était considérée comme un 'cluster' ".

Le Charles de Gaulle, revenu depuis à sa base à Toulon (Sud), devrait repartir en mission d'ici la fin juin. "Nous allons tout faire pour être en mesure de réengager le porte-avions avant l'été", a confirmé le général Lecointre.
 
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