Brest. Après 10 ans à quai, deux "cargos-poubelles" vont être enfin déconstruits

Publié le Mis à jour le
Écrit par avec Claire Louet

Les deux navires étaient à quai depuis bientôt 10 ans. Ils ont effectué leur dernier voyage vers la forme de radoub numéro Un du port de Brest. Les chalumeaux vont bientôt entrer en action pour déconstruire les deux bateaux. Dans cinq semaines, les deux immenses coques ne seront plus qu’un souvenir. Navaléo, les recycleurs bretons, souhaite se servir de ce chantier pour montrer que la filière sait démanteler dans les règles de l’art.

ce serra le dernier voyage pour le Karl et l'Antigone Z. Ce dernier est arrivé à Douarnenez en 2012 pour charger des harengs et des chinchards congelés pour l’Egypte. Le Centre de sécurité des navires l’a aussitôt immobilisé. Abandonné par son armateur et son équipage, le navire a rejoint Brest en 2013 où il a fait l’objet d’une saisie conservatoire.

Le Karl, lui, était venu lui remplir ses cales de semences de pommes de terre. Il a été bloqué à Brest en 2015.

Les deux navires qui n’étaient plus en état de naviguer sont devenus propriété de la région. En juillet dernier, elle a décidé de confier leur démantèlement à Navaléo pour un million d’euros.

Dans les règles de l’art

Les premières opérations de dégazage et de dépollution ont commencé en décembre. Les réservoirs d’huile et de gazole des deux navires, ainsi que les moteurs et les tuyauteries ont été entièrement vidangés.


Ce 28 mars, les deux cargos ont été amenés dans la forme de radoub numéro 1 pour y être maintenant découpés.

"Tout doit être fini dans cinq semaines souligne Olivier Lebosquain, le directeur de Navaléo. Nous allons déconstruire les deux bateaux ensemble. C’est important de montrer que la filière est opérationnelle et est capable de traiter plusieurs navires en même temps. La concurrence internationale est rude, notamment avec les pays asiatiques, nous devons montrer que nous savons déconstruire en toute sécurité et dans les règles de l’art."

L’acier des deux bateaux sera ensuite valorisé dans une fonderie française. A 500 euros la tonne ces derniers temps, la déconstruction pourra aisément montrer qu’elle a un avenir en France.

Un long combat

L'Antigone Z, Jean- Paul Hellequin, le président de Mor Glaz le connaît bien. "On l'a occupé, se souvient-il, on voulait que les marins rentrent chez eux avec leurs salaires."

Il se réjouit de voir le navire déconstruit à Brest. "Pourquoi envoyer ailleurs ce qui peut être fait ici ? "s'interroge-t-il. "Cela fait des années que les bateaux sont à quai et forcément, leurs coques se sont abimées et ont pollué le port."

"On savait qu'il faudrait en arriver là, nous on dit que quand un bateau n'est pas bon pour un équipage russe, il ne l'est pas non plus pour un équipage malgache !"

"La déconstruction était la seule solution, poursuit le président de l'association de défense de la mer et des marins. On lutte pour cette idée depuis longtemps et on est heureux de voir que cette filière Recyclage des navires a créé une nouvelle activité dans le port et des nouveaux emplois qualifiés." 

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