Des chèvres sauvages d'Ouessant retrouvées mortes après leur transfert vers le continent

Publié le

Transférées vers le continent, des chèvres d'Ouessant ont été retrouvées mortes à leur arrivée au Conquet. Elles ont été transportées avec "moins de précautions que des marchandises", dénonce l'association Robin des bois qui n'exclut pas de saisir la justice.

Sur l'île d'Ouessant, la prolifération des chèvres sauvages et les dégâts qu'elles occassionnent faisaient débat depuis des mois, et voilà que leur transfert vers le continent se retrouve aujourd'hui au coeur de l'actualité. 

Des chèvres "ont été transportées avec moins de précautions que des marchandises, et certaines n'ont pas survécu", indique Robin des bois, qui se réserve le droit de porter plainte. 

L’association qui mène une campagne contre la cruauté du transport par mer d'animaux vivants et qui se dit régulièrement confrontée à de tels incidents entre rives nord et sud de la Méditerranée est en colère : "Cela ne s’est pas passé sur une vieille baille battant pavillon du Togo, mais entre Ouessant et la Bretagne continentale".

Mortes par étouffement suite à leur capture, au surnombre, au manque d'eau et au stress...

Association Robin des Bois

Mercredi 5 juillet, raconte l’association, "environ 80 chèvres ont fait la traversée dans une bétaillère routière d'une capacité maximale de 20 à 30 caprins ou ovins".

"Le camion a embarqué au départ d’Ouessant en pontée à destination du continent sur le Molenez, un caboteur de 35 m de longueur appartenant à l'armateur Penn Ar Bed, filiale de Keolis".

"Il a été furtivement constaté que plusieurs chèvres étaient mortes par étouffement suite à leur capture, au surnombre, au manque d'eau et au stress."

Nous avons débarqué les chèvres au Conquet pour gagner une heure et les soulager

La compagnie Penn Ar Bed 

De son côté, la Penn Ar Bed confirme avoir embarqué les animaux vers 10 h 30 le matin.

"Nous avions été contactés par un propriétaire de l’île qui voulait faire traverser ses chèvres. Mais depuis combien de temps la bétaillère était-elle sur le port, depuis combien de temps les animaux étaient-ils à l’intérieur quand nous les avons pris en charge ? Cela en revanche, je l’ignore", précise David Roulleaux, le directeur de la Compagnie

"À l'arrivée, quand un agriculteur du Conquet est venu les récupérer, on a constaté que deux chèvres n’avaient pas malheureusement survécu. Et qu’il y avait à bord une quarantaine de bêtes présentes à bord… Mais on se défend d’être responsables de quoi que ce soit. Je n’ai pas en tête les 50 ans d’histoire de la Compagnie, mais c’est la première fois que cela arrive depuis que je suis là", termine David Roulleaux.

Robin des Bois se réserve le droit d'aller en justice

Selon Robin des bois, "la bétaillère a ensuite poursuivi sa route vers les Monts d'Arrée avec les cadavres et les survivantes dans la remorque".

"Tous les acteurs de cette cabale contre des animaux sauvages doivent être recherchés", poursuit l’association qui se réserve le droit d'aller en justice. "Il reste encore plusieurs dizaines de chèvres sur l'île d'Ouessant. Il est indispensable qu'une pause soit déclarée dans leur transfert et qu'une large concertation soit déployée pour assurer leur avenir".

Contacté, le maire d'Ouessant indique de son côté de pas avoir d'éléments sur le transfert. "J'ai été informé dans la journée d'hier que les chèvres étaient parties. Ce sont des chèvres en liberté qui posaient problème. Les gens en avaient marre, elles rentraient dans leur propriété, cassaient des murs. On a fait pression pour qu'elles partent", indique Denis Palluel. "Le présumé propriétaire les a fait partir chez un agriculteur qui devait les distribuer à des gens qui veulent faire chez eux de l'écopâturage. C'est tout ce que je sais".   

Tous les jours, recevez l’actualité de votre région par newsletter.
Tous les jours, recevez l’actualité de votre région par newsletter.
choisir une région
France Télévisions utilise votre adresse e-mail pour vous envoyer la newsletter de votre région. Vous pouvez vous désabonner à tout moment via le lien en bas de ces newsletters. Notre politique de confidentialité