François Hollande en déplacement à Brest estime que la France "doit faire plus" pour l'Ukraine

Depuis Brest, François Hollande s'est exprimé ce vendredi lors d'un cours de droit constitutionnel, à l'invitation de son ancien ministre Jean-Jacques Urvoas, professeur de droit public à l'Université de Bretagne occidentale (UBO). Il a notamment évoqué "le peu d'armes et de moyens financiers fournis à l'Ukraine par la France".

L'ancien président François Hollande en déplacement pour une conférence à l'UBO à Brest, ce vendredi, a estimé que la France devait "faire plus" pour l'Ukraine, soulignant que l'Hexagone était "un des pays qui a le moins contribué" financièrement et militairement au conflit entamé il y a près de deux ans.

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"La France a fourni assez peu d'armes et de moyens financiers à l'Ukraine. Je ne parle pas simplement par rapport aux États-Unis. Même par rapport au Royaume-Uni, par rapport à l'Allemagne, on est un des pays qui a le moins contribué", a rappelé M. Hollande au cours d'une intervention à la Faculté de droit de Brest. "C'est en train d'être rattrapé. Emmanuel Macron a rencontré Zelensky, il y un accord qui est en train d'être trouvé. Mais je crois qu'on doit faire plus", a-t-il ajouté, car "si on ne fournit pas (d'armes et de moyens militaires, ndlr), il est à craindre que l'Ukraine soit progressivement dévorée par son voisin".

Est-ce que, dans les relations internationales aujourd'hui, c'est la force qui l'emporte ou c'est le droit ?

François Hollande

ancien président de la République


Il a poursuivi devant l'assemblée : "Ce qui se joue en Ukraine, c'est la chose suivante : est-ce que, dans les relations internationales aujourd'hui, c'est la force qui l'emporte ou c'est le droit ? Si Poutine gagne, et il croit qu'il va gagner, comment expliquer au président (chinois) Xi Jinping qu'il ne doit pas récupérer Taïwan? A Netanyahu (le premier ministre israélien, ndlr) qu'il ne doit pas aller jusqu'au bout de ses intentions, c'est à dire d'écraser ce qu'il reste de Gaza ?", a interrogé l'ancien président socialiste.

Poutine, "grand menteur"

Deux ans après le déclenchement de la guerre consécutive à l'invasion russe de l'Ukraine le 24 février 2022, M. Hollande a estimé que la question de l'aide à l'Ukraine serait "un des enjeux" des prochaines élections américaines, mais aussi européennes. Il s'agit "de savoir si une majorité du Parlement européen est encore décidée à fournir des moyens militaires et matériels à l'Ukraine", a-t-il déclaré.
Interrogé un peu plus tôt sur le mensonge en politique, M. Hollande avait qualifié le président russe Vladimir Poutine de "grand menteur".
"Quand on a rencontré Vladimir Poutine, on sait ce qu'est le mensonge", a-t-il dit. "Il est capable de vous dire que Bachar El-Assad n'a pas mis d'arme chimique sur son propre peuple mais que ce sont les opposants syriens qui se sont mis eux-mêmes de l'acide sur la tête".