"Je veux fouiller dans mes capacités mentales", le traileur Érik Clavery va traverser la Bretagne en moins de deux jours et sans dormir

Qu'allez-vous faire de votre week-end de Pâques ? Lui, il va courir 370 km sans s’arrêter sur le canal de Nantes à Brest. Comptez 45 heures sans dormir. À 44 ans, l’ancien champion du monde de trail aime se dépasser "pour s’en aller fouiller dans ses capacités mentales".

Érik Clavery s’élancera ce vendredi 29 mars au soir de Port-Launay près de Chateaulin pour arriver Cours des 50 otages à Nantes le 31 mars, en fin de journée.

Une traversée de la Bretagne de 370 km via le Canal de Nantes à Brest, sans s'arrêter, sans dormir. Vitesse moyenne envisagée : 8,2 km/h

Recordman de France des 24 heures

Pour se lancer dans pareille aventure, mieux vaut évidemment ne pas être le premier venu. Cela tombe bien, Érik Clavery a un CV long comme le bras. À son palmarès, entre autres, un titre de champion du monde de trail en 2011 et un record de France des 24 heures en 2019. Une performance qu'avait suivie FTV Sport. 

 

"Je veux une expérience plus personnelle"

"Avant, explique Érik Clavery,  je faisais beaucoup de courses, j’étais dans la confrontation directe avec d’autres concurrents. Mais j'arrive à 44 ans. Et je veux prendre un peu le large, vivre des expériences plus personnelles, loin des compétitions organisées. Et ne plus tourner en rond sur un circuit d'1,5 km comme sur le record des 24 heures."

Le déclic, ce fut en 2020. La traversée de Pyrénées par le GR 10. À la louche : 900 km et 55.000 mètres de dénivelé en 9 jours et 9 h. Record pulvérisé.

L'athlète du pays nantais découvre alors une autre façon de courir. Avant de récidiver en 2021 sur le GR 223 en Normandie, le sentier des douaniers.

J’aime cette notion d’itinérance, de transhumance, sur des parcours emblématiques. De la Bretagne, je connais surtout le littoral, cela va être l'occasion de découvrir l'intérieur

Érik Clavery

 

Le défi premier, ce sera "sans dormir"

Quand il a battu le record de la traversée des Pyrénées en moins de 10 jours, Clavery dormait 4 heures par nuit. La traversée de la Bretagne sera évidemment moins longue, mais pour corser le défi, il a donc décidé de pas s'arrêter, de ne pas dormir. 

L’idée, c’est d’en profiter aussi pour en apprendre plus sur moi-même. Je suis aussi préparateur mental. Courir si j’y arrive 45 heures sans dormir va me permettre d’aller fouiller dans mes capacités physiques, mentales

Érik Clavery

L'homme veut découvrir ses zones d’ombre, pour comprendre comment il fonctionne, comment il peut "optimiser son potentiel pour aller plus loin, plus vite, plus haut."

"Je sais que je vais souffrir, dit-il, mais de telles expériences permettent aussi de comprendre des souffrances qui, dans l’absolu, peuvent m'être étrangères, celles des malades par exemple. Je sais que si je cours, je ne vais pas les soulager, mais au moins, j’approche un peu de ce qu’ils peuvent ressentir, ajoute le coureur à pied. Et je le fais aussi pour rendre hommage à quelqu’un qui m’était cher, mon entraîneur depuis 15 ans, décédé il y a 6 mois d’un cancer".

"Il m’avait annoncé sa maladie à Pâques il y a 2 ans. C'est donc l'anniversaire. Je vais courir pour lui rendre hommage et en récoltant des fonds pour la Ligue contre le cancer à laquelle je me suis associé" indique Érik Clavery.

Pour l’encourager ou l’accompagner "vient qui veut"

Sur ce parcours roulant au faible dénivelé, l'athlète invite ceux qui le souhaitent à venir partager un peu de l’aventure. Pour l'encourager bien sûr, mais pourquoi pas aussi pour l’accompagner sur quelques km, à pied ou à vélo. 

Érik Clavery partira de Port-Launay à 21 heures ce 29 mars. Pour le retrouver sur son parcours, c'est par ici.