"L'énergie c'est le dossier de l'urgence" Le chef Thierry Marx revient à Brest sur les défis qui attendent les métiers de l'hôtellerie-restauration

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Écrit par Julie Jeunemaître avec Claire Louet

Le nouveau président de l'Umih, organisation professionnelle des cafés, hôtels, restaurants et discothèques, sait que le secteur va devoir se relever et évoluer pour faire face aux défis actuels. Il nous dévoile ses trois priorités.

Crise énergétique, crise de vocation et défis environnementaux ; ce sont les trois dossiers brûlants de la mandature de Thierry Marx, fraîchement élu à la tête de l'Union des métiers et des industries de l'hôtellerie (Umih). Alors que s'ouvre le 70e congrès de l'organisation, ce mardi 22 novembre à Brest, le chef étoilé présente des pistes pour pallier les difficultés, que rencontre le secteur. 

Comme beaucoup de secteurs, vous subissez la hausse des prix de l'énergie. Quel sera l'impact de la facture énergétique ?

L’impact risque d’être terrifiant. On voit bien que le poids de l’énergie est trop fort, les factures ont été multipliées par huit, voire dix. L’État a fait le nécessaire sur la crise sanitaire pour qu’on obtienne des PGE [prêts garantis par l’État] et on les en remercie, mais aujourd’hui le remboursement est largement plombé par le coût de l’énergie. Les professionnels ne pourront pas assurer les deux. Alors on a une interrogation vis-à-vis du Régalien qui est de dire « Interrogez les fournisseurs d’énergie ! Pourquoi une augmentation aussi disproportionnée ? À quoi ça tient ? » On attend des réponses un peu plus claires sur cette multiplication qui nous paraît totalement absurde. L’énergie, c’est le dossier de l’urgence.

Un autre défi auquel la profession doit s'attaquer concerne les difficultés de recrutement. Comment rendre le métier plus attractif ?

L’attractivité passera par la formation professionnelle et la qualité de vie au travail. Il s’agit d’abord de mieux former. Former plus rapidement les personnes à nos métiers et leur permettre de monter en compétence. On perd énormément de pépites qui ont fait 4 années d’études et qui finalement restent à peine deux ans dans notre secteur d’activité. Ce n’est pas normal ! Il faut leur permettre d’évoluer et pas seulement dans ce qu’ils avaient prévu au départ (la cuisine, la pâtisserie, l’hébergement) mais faire en sorte qu’ils puissent bouger à l’intérieur des métiers du secteur ; l’hôtellerie-restauration mais aussi tous les métiers liés au tourisme et au divertissement. Peut-être aussi envisager une nouvelle planification de nos métiers. Nous travaillons quand les autres se reposent or, il faut permettre au personnel d'avoir une capacité de repos plus large. La semaine à 4 jours, pourquoi pas ?

La transition environnementale est l’un des dossiers que vous souhaitez porter. Pourquoi est-ce un enjeu majeur ?

On veut un tourisme plus vert, plus décarboné. Aujourd’hui, la tendance est au « slow travel », voyager plus lentement. Circuler plus dans les régions, y rester plus longtemps, redécouvrir en France sa ruralité. Ce n’est pas une tendance courte mais de fond. Mais il faut aider le monde rural à faire cette transition. À recevoir dans les meilleures conditions environnementales : tout ce qui concerne l’économie d’énergie du bâtiment, mais aussi toutes les activités qui doivent avoir un impact environnemental fort. Des choses sont mises en places mais bien souvent les entreprises plus rurales ne connaissent pas la dernière circulaire qui pourrait permettre le crédit d’impôt. Tout le travail de l’Umih va être d’aider à décrypter les offres de l’État pour pousser cette transition environnementale qui est absolument nécessaire pour le tourisme de demain.

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