Le drone livrait du cannabis et de la cocaïne à la prison

Ce 30 avril 2024, vers 23h, les surveillants de la maison d’arrêt de Brest ont entendu un bruit au-dessus de leur tête. Un drone venait déposer de la drogue à destination des détenus. L’engin a été intercepté.

Le drone, un petit appareil d’une cinquantaine de centimètres, survolait la maison d’arrêt de Brest quand le bruit de son moteur a alerté les surveillants.

Ils ont réussi à intercepter l'engin quand il s'est abîmé sur le toit d’un bâtiment. À son bord, dans plusieurs petits sachets, quelque 120 grammes de cannabis et plus d’un gramme de cocaïne.  

"On avait eu des informations qui nous disaient qu'il y avait des drones, on n'en avait pas encore vraiment vu, remarque Reynald Cochennec, délégué FO-Pénitentiaire. Mais comme on surveille le terrain de sport pour mettre fin aux envois de drogue par projections, ils cherchent d'autres solutions."

Le drone était également équipé d’une caméra qui pouvait donc filmer l’intérieur de la prison. "C'est inquiétant, mais maintenant, avec les téléphones portables, les détenus filment tout, les cellules, les cours de promenade. Ils prennent même des photos des surveillants", s'alarme le délégué FO.

Lire : "On craint la mutinerie ou des agressions de surveillants", un record de surpopulation dénoncé par les surveillants pénitentiaires à la prison de Brest

Surpopulation dangereuse

Depuis plusieurs mois, les syndicats de la pénitentiaire alertent sur la surpopulation de l’établissement (le mois dernier, la prison de Brest abritait 427 hommes pour 224 places et comptait donc plus de 70 matelas au sol) et les risques que cela fait encourir aux détenus comme aux surveillants. 

"On les entasse, on les entasse, on les entasse, on essaye que la cocotte-minute ne saute pas, décrit Reynald Cochennec, mais on ne peut pas tout contrôler et la drogue est un vrai fléau. Il y a des gens qui descendent en promenade avec des poinçons ou avec des lames et les plus vulnérables se retrouvent en danger. Par exemple, témoigne le surveillant, si un détenu force un autre à cacher de la drogue dans sa cellule, qu'on la trouve et qu'on la saisit, c'est celui qu'i a été forcé de la dissimuler qui devra la rembourser !" 

À l'automne 2023, un piquet de grève s'était installé devant les portes de la maison d'arrêt pour demander des effectifs supplémentaires.

Les élus Finistériens tirent la sonnette d'alarme. " La prison est au bord de l'implosion", lançait le sénateur Michel Canevet le 10 avril dernier en faisant un triste inventaire. "Il y a des lames, des paquets de shit qui passent par-dessus l'enceinte. Des cellules de 9 m² où s'entassent trois détenus. En février, la médecin de la prison a été agressée."

"Pour le sixième mois consécutif, la France explose tous les records", s'indigne aussi l'Observatoire international des prisons : au 1er avril, on dénombrait 77 450 détenus pour 61 000 places.

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