VIDÉO. Ces chercheurs traquent les moisissures alimentaires dans votre frigo

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Le reportage de Manon Le Charpentier et Maxime Lahuppe ©France 3 Bretagne

Qui n'a jamais découvert une pomme moisie dans sa corbeille à fruits ? Un vieux yaourt à l'aspect peu ragoutant ? Pour en savoir plus sur les moisissures alimentaires, déterminer si elles sont toxiques ou non, des chercheurs brestois se penchent sur vos frigos. Une étude à grande échelle qui vise également à lutter contre le gaspillage.

Peut-on consommer sans risque un yaourt, un fruit, un légume moisi ? Doivent-ils finir systématiquement à la poubelle ? Pas si simple. Marine, elle, a plutôt tendance à faire fi des moisissures. "Mais sait-on jamais, peut-être qu'elles ne sont pas justes là où on les voit" dit celle qui, en ouvrant son frigo, y découvre un yaourt oublié, à la surface duquel apparaissent des petits champignons. "Si ce yaourt n'avait pas senti aussi fort, je l'aurais consommé, assure-t-elle. J'aurais enlevé la pellicule dessus mais là, non, ça sentait trop fort".

"Est-ce qu'on gratte la surface ?"

Pour en savoir plus sur ce qui est possible de manger ou pas, Marine a décidé de participer à l'étude lancée par les universités de Brest et Montpellier, qui réunit une dizaine de chercheurs. Le projet, baptisé Mynion, va s'étendre sur quatre années. Il consiste à analyser des échantillons de moisissures alimentaires collectés chez les particuliers, "pour déterminer si elles sont à risque, si oui, à quel point, et pour qu'à la fin, on puisse donner des recommandations simples aux consommateurs, explique Monika Coton, enseignante-chercheuse spécialisée dans l'écologie microbienne à l'ESIAB (école supérieure d'ingénieurs en agroalimentaire de Bretagne atlantique). Par exemple, est-ce qu'on gratte la surface ? Est-ce qu'on retire une zone autour ? Ou faut-il jeter parce que le risque est trop important".

Depuis le lancement de cette opération participative au printemps dernier, les chercheurs ont déjà récolté plus de 200 prélèvements. Ils ont interrogé une trentaine de personnes sur leurs pratiques face aux moisissures, comment ils les repèrent, etc. "On connaît les moisissures qui produisent des mycotoxines, souligne la chercheuse de l'ESIAB. En revanche, on n'a jamais étudié les comportements des consommateurs et là, à partir des questionnaires et de ce qu'ils envoient, on va essayer de cibler les scénarios à risque pour garantir leur sécurité alimentaire".

Gaspillage alimentaire

L'autre objectif de cette étude à grande échelle est de lutter contre le gaspillage alimentaire, "qui représente une proportion importante dans les foyers, relève Kimberley Girardon, ingénieure au LEGO (laboratoire d'économie et de gestion de l'Ouest). Dans les questionnaires reçus, on observe des comportements très variés. Le plus extrême est de jeter sans se poser de questions. À l’inverse, il y a ceux qui mangent l'aliment malgré les moisissures".

Pour avoir une vue d'ensemble, les chercheurs tablent sur la collecte de 500 aliments moisis. Fruits, légumes, produits laitiers, confitures, tout sera passé au crible pour faire le tri entre les bonnes et les mauvaises moisissures.

(Avec Manon Le Charpentier)