Covid-19: “Il y a urgence à vacciner les marins”

Après le décès de deux marins d’un thonier, de plus en plus d’armateurs demandent que les professionnels de la mer se fassent vacciner contre le coronavirus. Une alerte qu’avait lancée le syndicaliste finistérien Yves L’Helgoualc’h il y a déjà plusieurs mois. 

© PHOTOPQR/LE TELEGRAMME/MAXPPP

“Il y a urgence à faire vacciner le personnel maritime. Nous ne sommes pas là pour compter nos morts mais pour tout faire pour les éviter. Et nous ne laisserons pas les autorités tranquilles tant que ce ne sera pas fait”, s’insurge Yves L’Helgoualc'h, le secrétaire général de la CGT marins à Concarneau. 

Il faut dire qu’il avait alerté le gouvernement français dès le début de la campagne de vaccination sans obtenir de réponse. Le syndicaliste a donc fait jouer ses relations pour interpeller l’OMI, l’organisation maritime internationale, basée à Londres. 

Le 21 février dernier, j’ai contacté l’OMI pour leur demander de prendre des dispositions pour vacciner les marins de la marine de commerce et de la grande pêche, notamment celle du thon tropical dont des armements sont à Concarneau. A bord des navires, nous sommes en confinement, nous vivons en autarcie, les maladies se propagent très vite et les marins descendent à terre lors des escales.

Yves L’Helgoualc'h, secrétaire général de la CGT marins à Concarneau

 

Deux morts et 35 marins positifs au coronavirus 

Le drame survenu à bord du Belle Isle, la semaine dernière, en est malheureusement l’exemple. Deux marins, un Malgache et un Indonésien, de ce thonier de l’armement réunionnais Sapmer, implanté à Concarneau, sont décédés de la maladie, dans les Seychelles.  

Malgré le protocole sanitaire très strict au moment de l’embarquement, le coronavirus s’est propagé sur le navire. 35 hommes, l’ensemble de l’équipage, ont été testés positifs au Covid-19. Ils ont tous été placés en quarantaine sur le navire, exceptés les cas les plus graves qui sont suivis à terre.  

Pour Yves L’Helgoualc’h, le Covid-19 ne doit pas différer des autres maladies : 

De tous temps, nous, les marins, avons intérêt à avoir à jour notre carnet de vaccination que ce soit contre le choléra par exemple ou la variole. Pour ce vaccin, le système doit être semblable aux autres. Il faut des centres internationaux de vaccination et avant de quitter les ports les marins français doivent tous être vaccinés. C’est la responsabilité de nos dirigeants.

Yves L’Helgoualc'h, secrétaire général de la CGT marins à Concarneau

Yves L'Helgoualc'h, secrétaire général du syndicat CGT des marins à Concarneau
Yves L'Helgoualc'h, secrétaire général du syndicat CGT des marins à Concarneau © Yves L'Helgoualc'h


Les pays de l'ONU doivent vacciner les gens de mer en priorité

Le travail du syndicaliste a payé car le 25 mars dernier, l’OMI, l’OMS (l’organisation mondiale de la santé), l’Organisation de l’aviation civile internationale (OACI) et l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) se sont réunies et ont publié une circulaire pour que "tous les États membres de l’Organisation des Nations Unies accordent la priorité aux gens de mer et aux équipages d’aéronefs dans leur programme de vaccination nationale contre le Covid 19". 

A charge maintenant, aux Etats d’appliquer cette circulaire. Une nouvelle réunion est prévue dans les prochains jours entre les professionnels de la mer et le ministère pour notamment évoquer ce dossier. 

 

Poursuivre votre lecture sur ces sujets
covid-19 santé société pêche économie