« Etrange », « calme », « familial » : première soirée à Carhaix en attendant le retour des « vraies » Charrues

Près de 4500 spectateurs avaient pris leur billet et validé leur pass sanitaire pour venir assister, jeudi 8 juillet, aux trois premiers concerts des Vieilles Charrues 2021. Un public familial était rassemblé devant la scène et dans les gradins pour écouter Vianney.
C'est un public familial qui avait pris son billet pour la première soirée des Vieilles Charrues et sa tête d'affiche, Vianney.
C'est un public familial qui avait pris son billet pour la première soirée des Vieilles Charrues et sa tête d'affiche, Vianney. © SAMEER AL-DOUMY / AFP

Pour ce premier soir de Charrues 2021, ceux que l'on remarque en premier, ce sont les absents. Les 5000 billets n'ont pas trouvé preneur et l'état du terrain a créé une vaste zone vide entre les gradins de 1600 places et les abords de la scène.

Le public de ce premier soir est donc clairsemé, sans qu'il soit possible de dire si c'est dû à la météo, à l'obligation d'avoir un certificat de vaccination ou un test covid négatif ou à cette nouvelle formule à trois artistes par soir, sur une seule scène pendant 10 jours.

Mais pour ceux qui ont fait le déplacement, le jeu en valait apparemment la chandelle. "J’ai fait mon deuxième vaccin il y a deux semaines tout juste, raconte une jeune femme. C’était une formalité et ça permet de revivre un peu. Un accès à la liberté et vers un retour à ce qu’il y avait avant". Son amie, qui vit ses premières Vieilles Charrues, reste un peu sur sa faim mais garde le sourire : "On m’avait dit "c’est énorme"… là c’est simple mais c’est un bon début et je suis contente d’être là ce soir".

"Peu importe comment c’est, ce qui compte c’est d’avoir cette parenthèse au Covid, sans masques, racontent deux amies, habituées du festival, venues se restaurer sans faire la queue entre deux concerts. C’est une très bonne chose finalement. On est libérées. Même si le nombre de spectateurs est très limité ça fait vraiment du bien".


Public familial

Dans le public de cette première soirée, des sourires et des spectateurs de toutes les générations. Un père de famille, débout devant la scène en attendant le concert de Vianney, résume son sentiment : "C’est différent mais ça fait du bien d’être là. On est avec les enfants, dans la musique, il y a plein de sourires. C’est le plaisir de retrouver les gens… du contact ! Après, l’ambiance, c’est plus calme. C’est bien aussi, ça change. On voit les choses différemment."

"Je ne trouve pas ça si mal, confirme une habituée du festival depuis 25 ans venue voir Vianney avec son fils d’une dizaine d’années. C’est plus famille, plus restreint, l’accès à la scène est beaucoup plus facile. Et on retrouve quand même l’ambiance d’un festival, avec ce côté intergénérationnel. C’est une bonne première fois pour mon fils". 

Dans la fosse où ont été étalées des tonnes de sables pour recouvrir la boue, une spectatrice est même conquise par cette nouvelle formule. "Je pense que les Vieilles Charrues ont eu beaucoup de critiques pour rien parce qu’ils ont réussi à faire un grand festival. Même si la programmation est moins bien que les autres années, on découvre de nouvelles choses. J’adore !"


"On veut l'usine !"

Au pied de la scène, un groupe de quatre jeunes hommes, verre de bière à la main et mine réjouie des grands soirs nuance cet avis : "On n’a jamais été aussi près de la scène… mais il manque le camping, c’est la moitié de l’ambiance du festival".

On est là pour soutenir l’association, pour que ça perdure et retrouver un gros festival l’année prochaine.

Un festivalier solidaire

Son collègue, qui le tient par l'épaule, confirme : "Ça va pour cette année, mais l’année prochaine on veut l’ancienne formule. 4 jours d’excès… du monde partout : l’usine, on veut l’usine !"


Vianney flatte le public

Quand à Vianney, la tête d'affiche de la soirée, connu pour ses ondes positives et son enthousiasme, il se fait flatteur au micro : "J’ai déjà joué au Vieilles Charrues. Ça ne ressemblait pas vraiment à ça mais pourtant… c’était un peu le même volume sonore". Pas sûr que le public y croie... mais ceux qui étaient à Carhaix pour cette reprise semblaient contents de ne pas être restés à la maison. 

 

Poursuivre votre lecture sur ces sujets
vieilles charrues culture musique festival événements sorties et loisirs covid-19 santé société