Ile de Batz : des résidences secondaires louées par la mairie pour remédier à la pénurie de logements

Pour lutter contre la pénurie de logements, le maire de l'île de Batz se tourne vers les propriétaires de résidences secondaires. Il propose de louer leur bien à l'année aux habitants. Sur l'île de Batz, 66% des habitations sont des résidences secondaires.

Comme toutes les îles bretonnes, l'île de Batz connaît une grande tension sur le logement. 66% des habitations sont des résidences secondaires. Les prix de l'immobilier qui se sont envolés depuis vingt ans rendent impossible l'installation des jeunes et des familles.

Partout sur l'île, des maisons aux volets fermés, un paysage désormais habituel presque toute l'année.

Sur dix ventes réalisées sur l'île, au moins neuf sont ou deviennent des résidences secondaires

Eric Grall, maire de l'Ile de Batz

La pénurie de logements fait même fuir des habitants. L'île a bien failli perdre l'une de ses deux classes, faute d'élèves. 

Le maire a donc décidé de se tourner vers les propriétaires de maisons de vacances pour les convaincre de louer leur bien à l'année. L'idée est bien de permettre à des familles de se loger à des tarifs en lien avec les salaires locaux. 

Sur le principe, la municipalité loue les résidences secondaires à l'année au prix du marché puis les sous-loue à des habitants à un tarif social. 

"Cela peut être plus simple d'avoir la mairie comme locataire" explique le maire Eric Grall. "La mairie paye toute l'année, tous les mois. Plutôt que l'incertitude de trouver des locataires pendant la saison estivale à la semaine".

L'édile plaide pour cette solution sans doute moins lucrative pour les propriétaires mais plus pratique sur le plan logistique. Pas évident pour autant de convaincre. Pour l'instant, une famille doit s'installer bientôt dans une maison de vacances louée par la mairie. La municipalité recherche encore 4 à 5 autres résidences.

Pour Alex, natif de l'île, où il a vécu l'essentiel de sa vie, trouver un logement se révèle mission impossible. Il a trouvé un travail mais ce sont des amis qui l'hébergent depuis un an. Il a dû changer cinq fois de toit et cherche toujours. 

L'immobilier est inaccessible. Les prix sont exorbitants.

Alexandre Argouac'h, résident de l'Ile de Batz

La mairie a aussi racheté un terrain. Elle l'a donné à un office HLM qui doit y construire huit logements locatifs. Elle espère que l'Ile de Batz sera reconnue comme zone tendue. Une reconnaissance qui lui donnerait des outils supplémentaires pour lutter contre la spéculation immobilière.