Les urgences de l’hôpital de Landerneau fermées la nuit pendant les vacances de Noël. "C’est extrêmement inquiétant"

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Écrit par Séverine Breton .

Pendant les vacances de Noël, du vendredi 23 décembre au 2 janvier, les urgences de l’hôpital Ferdinand Graal de Landerneau seront fermées toutes les nuits entre 20h et 8h30. Médecins et soignants se mobilisent pour défendre l’avenir de leur hôpital.

"Fermer les urgences la nuit, je trouve cela inquiétant, s’alarme Xavier Hamon, chef du service des urgences et président de la Commission médicale d’établissement de l’hôpital de Landerneau, dans le Finistère. Fermer les urgences la nuit pendant les vacances scolaires, quand l’offre de soin est déjà réduite et que l’on est en pleine épidémie virale, c’est extrêmement inquiétant."

Le médecin est soucieux. Des fermetures de son service la nuit ont déjà eu lieu en août 2021. Et elles pourraient très vite se reproduire.

A la fin du mois de janvier 2023, huit médecins urgentistes, qui exercent aujourd’hui à l’hôpital de Landerneau, auront quitté l’établissement. C’est la moitié de l’effectif.

Une perte de chance pour la population



"Parfois, pour un acte médical, chaque minute compte,
explique Xavier Hamon. Si quelqu’un fait un infarctus, il n’y a pas un instant à perdre. Entre Landerneau et Brest, il y a 25 kilomètres, quand ça roule bien, on peut mettre moins de 30 minutes, mais s’il y a un bouchon, des travaux…  Et pour le patient qui habite déjà à plusieurs kilomètres de Landerneau, ça peut être fatal !"

 

"La semaine dernière, les hôpitaux de Brest et de Morlaix avaient déclenché leur plan blanc. Comment leurs urgences vont-elles pouvoir accueillir nos malades ?" se préoccupe Anne-Sophie Moulin, représentante CGT de l’hôpital Ferdinand Graal. Car les urgences de Landerneau comptent 17.000 passages par an, donc presque 50 malades ou blessés par jour.

Personne ne prend en compte la souffrance des soignants

Anne-Sophie Moulin

Représentante CGT Hôpital de Landerneau

"La direction nous dit qu’elle ne sait pas créer des bras qu’elle n’a pas. Il y a un problème de démographie médicale mais plus on rend la situation difficile, plus les soignants se désespèrent, regrette-t-elle. Personne ne prend en compte la souffrance des soignants. Ils aiment leur métier mais quand ils ont l’impression de ne plus pouvoir le faire comme ils le voudraient, ils s’en vont.

De nouvelles menaces en vue

Au printemps prochain, l’hôpital de Landerneau devra trouver un remplaçant pour le chef de service d’anesthésie qui part en retraite et "pour l’instant aucune solution ne se profile à l’horizon" indique Xavier Hamon. Or sans anesthésie, il ne peut y avoir ni bloc, ni maternité.

"Enfin, la direction de l’hôpital étudie aussi la possibilité de fermer notre laboratoire d’analyses médicales, poursuit le praticien. Sans laboratoire, il est beaucoup plus difficile d’avoir des certitudes sur le diagnostic, précise encore l’urgentiste. Un labo, c’est extrêmement important. Si on le remplace par des automates, il y a des analyses que nous ne pourrons plus faire. Nous aurons donc deux possibilités : envoyer les tubes à l’analyse à Brest ou envoyer directement le patient à Brest et fragiliser encore un peu plus la situation de l’hôpital de Landerneau."



Hôpital en détresse, patients en danger



Ce 9 décembre, les salariés de l'hôpital se sont rendus au marché pour informer la population de leurs craintes. Mardi 13 décembre, les salariés et les usagers sont invités à se rassembler pour défendre leur hôpital.

"Nous répondons aux besoins de la population, nous les soignons. Nous avons la chance d’avoir un hôpital à taille humaine qui permet de passer plus de temps auprès des patients. Nous sommes 80 médecins dans l’établissement, il suffit de monter un étage pour voir le chirurgien. On a envie de garder ça" insiste Xavier Hamon.

Le même jour, la Commission médicale d’établissement se réunit avec une question à l’ordre du jour : "l’avenir de l’hôpital ". La réunion pourrait durer…

 

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