LGV : le Finistère maintient la pression

les élus départementaux Maël de Calan, Nathalie Sarrabezolles,Christian Troadec, Armelle Huruguen et Yvan Moullec affichent leur unité pour le désenclavement du Finistère / © conseil départemental 29
les élus départementaux Maël de Calan, Nathalie Sarrabezolles,Christian Troadec, Armelle Huruguen et Yvan Moullec affichent leur unité pour le désenclavement du Finistère / © conseil départemental 29

Avec l'abandon de Notre-Dames-des-Landes, en ce qui concerne la Bretagne , le rapport Duron est désormais "caduque" estime l'Elysée. La LGV de Rennes à Brest et Quimper est à nouveau dans la course. Les élus finistériens veulent mobiliser pour peser.

Par Robin Durand

Le rapport Duron n'est plus d'actualité pour ce qui concerne l'Ouest. De retour de Corse, Emmanuel Macron l'a confirmé au député du Finistère Richard Ferrand. Après l'arrêt du projet Notre-Dame-des-Landes, beaucoup de questions restaient en suspens quant au désenclavement de la Bretagne. Le chef de l'État a sans doute un peu désamorcé un dossier hautement inflammable. Le "pacte d'accessibilité  de la Bretagne" reposant sur quatre piliers (le train, l'avion, la route et la fibre) est désormais la nouvelle base de travail.


Ne pas oublier la pointe bretonne


Paris en train à 3 heures de Brest et de Quimper devient à nouveau la priorité de beaucoup d'élus finistériens. Une ambition qui a l'avantage de fédérer depuis plusieurs semaines les familles politiques.

Union sacrée affichée au Conseil départemental du Finistère. Voeu commun signé par les groupes du conseil municipal de Brest. Ajouter à cela la mobilisation du monde économique. L'esprit du "Célib" (Comité d'étude et de liaison des intérêts bretons) souffle sur le Finistère et s'affichera d'abord à Quimper le 19 février, puis à Paris le 7 mars . Un rassemblement est prévu ce jour là à la Maison de la Bretagne et à l'Assemblée Nationale pour la séance des questions au gouvernement. Un objectif : montrer que les finistériens sont prêts pour la "bataille du rail."
 

Le piège du tout LGV


Les députés bretons de la République en Marche sont évidemment invités à rejoindre le mouvement. Mais pour certains il est peut être encore trop tôt pour monter dans le train et faire compartiment commun.

Certains comme le député de Brest rural Didier le Gac affichent leur septicisme devant le "tout LGV". Ce dernier rappelle que "réduire les temps de trajets c'est bien mais que réduire les déficits publics c'est important aussi."

Il y a aussi de nouvelles priorités souligne la députée de Quimper, Annaïg Le Meur : "le désenclavement c'est aussi le numérique. C'est aussi par exemple améliorer l'accessibilité routière vers le Cap Sizun..." 

Du côté du Conseil départemental du Finistère , on souhaite juste rappeler les engagements du Président sur le transport du quotidien : "abandonner des grands projets comme Notre-Dame-des-Landes soit. Mais laisser Quimper à 2 h 20 de Rennes en train ce n'est pas vraiment améliorer le quotidien des Bretons." 

Ne pas rester à quai 


Derrière toutes ces prises de positions, aussi sincères soient-elles, se cachent bien évidemment des calculs politiques. Les députés de la majorité auront beau jeu de rappeler qu'ils ont l'oreille de l'Elysée et surtout celle de la ministre des transports, Elisabeth Borne, pour faire avancer les arguments bretons.

Pour l'opposition, de droite comme de gauche, la "cause" finistérienne est un bon cheval de bataille qui permet de prendre date pour les prochaines échéances électorales. Il ne faudrait surtout pas rater le train de l'alternance. 


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