Affaire Seznec : des fouilles dans l'ancienne maison familiale

Guillaume Seznec, photos prises pendant sa garde à vue
Guillaume Seznec, photos prises pendant sa garde à vue

Des fouilles vont être entreprises très prochainement dans la maison où vivait la famille Seznec à Morlaix (Finistère). Objectif : peut-être y découvrir le corps jamais retrouvé de Pierre Quémeneur, disparu en 1923

Par BG avec AFP

L'affaire Seznec continue à Morlaix (Finistère). Des fouilles vont être prochainement entreprises dans la maison où vivait la famille, pour peut-être y retrouver le corps de Pierre Quémeneur, disparu en 1923.



"Il s'agit de fouilles privées", précise Denis Langlois, avocat entre 1976 et 1990 de la famille de Guillaume Seznec, confirmant des informations de la presse locale.

Une dizaine de bénévoles doivent participer aux opérations, avec l'aide d'une tractopelle. La propriétaire de la maison, actuellement inoccupée, a donné son autorisation pour que des fouilles soient menées dans l'ancienne cave et l'ancien cellier, selon les initiateurs des travaux.

"On peut ne rien trouver, trouver des objets ou trouver des ossements", affirme Bertrand Vilain, 55 ans, auteur d'un livre sur l'affaire et coordinateur des fouilles.

Témoignage


Guillaume Seznec a été condamné en 1924 au bagne à perpétuité pour le meurtre un an plus tôt de Pierre Quémeneur, conseiller général du Finistère avec lequel il était
associé en affaires, ainsi que pour des faux en écriture.

Mais le corps de la victime n'a jamais été retrouvé et Seznec, condamné sans preuves, n'a jamais avoué.

Ces nouvelles recherches sont motivées par la révélation, dans un ouvrage paru en 2015, du témoignage inédit d'un des enfants du couple Seznec, âgé de 11 ans au moment des faits. Il a été enregistré en 1978 par l'un de ses neveux.

En ce jour ensoleillé de mai 1923, "Petit-Guillaume" raconte avoir entendu sa mère repousser les avances d'un certain "Pierre", puis avoir vu Quémeneur par terre et sa mère debout devant lui. "Je crois qu'elle a dû se défendre et le frapper à la tête", racontait-t-il, selon le récit qu'en a fait Denis Langlois dans Pour en finir avec l'affaire Seznec.



Révision du procès ?


En 2015, M. Langlois avait demandé au procureur de Brest de faire procéder à des investigations dans l'ancienne maison familiale pour savoir si le corps y était enfoui.


Le procureur avait rejeté cette demande, estimant qu'elle ne pouvait émaner que du condamné, de ses descendants ou des autorités judiciaires compétentes.

"Si des ossements ou des objets concernant l'affaire Seznec sont découverts, nous avertirons la gendarmerie et le procureur", a indiqué M. Langlois. "Une procédure de révision du procès de Seznec serait alors certainement mise en route", a-t-il ajouté.

"C'est absurde"


Ces fouilles n'ont pas reçu le soutien de Denis Seznec, 71 ans, petit-fils de Guillaume Seznec, qui se bat depuis des années pour faire reconnaître l'innocence de son grand-père.

"C'est absurde, je n'y crois pas du tout", indique-t-il. "Cette piste est faite pour nous nuire. Le témoignage [de "Petit-Guillaume", NDLR], c'est une invention pure de Langlois", a-t-il avancé.

"Qu'ils creusent, qu'ils fouillent, qu'ils détruisent, je m'en fous, c'est ridicule", ajoute-t-il. Depuis 1924, quatorze demandes en révision du procès ont été rejetées, la dernière en 2006.

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