Première mondiale : une double greffe des avant-bras grâce aux vers marins de la société bretonne Hemarina

Un dispositif médical, contenant un transporteur d'oxygène issu du ver marin arénicole développé par la société Hemarina (Morlaix), facilite la conservation des greffons. Cette innovation a permis à un hôpital indien de réaliser une double greffe de mains. Une première mondiale.

Le succès prometteur, permet de faire oublier l'échec récent de Hemarina pour la prise en charge des patients souffrant du syndrome de détresse respiratoire aiguë, responsable des décès des patients infectés par le Covid-19. La société bretonne de biotechnologie basée à Morlaix, est la partenaire d'une première mondiale. En développant des substituts sanguins grâce à l'arénicole, un ver marin, elle permet d'améliorer la conservation des greffons. Un service de chirurgie en Inde y a eu recours lors d'une double greffe des avant-bras sur un homme de 34 ans.

Une intervention de 14 heures réalisée en Inde

L'opération a été réalisée le 25 septembre dernier, par l’Institut Amrita des Sciences Médicales (AIMS) basé à Kochi, au Kerala (Inde), sur un patient amputé des deux avant-bras. Une double opération permise par l'utilisation du dispositif développé par Hemarina, HEMO2life®. "Les doubles greffes d'avant-bras sont rarissimes à l'échelle mondiale essentiellement en raison de la difficulté de l'acte chirurgical qui nécessite de nombreuses heures d'interventions et une logistique complexe avec un nombre important de médecins et de paramédicaux" indique la société bretonne dans son communiqué. Cette transplantation hors norme a en effet nécessité près de 14h d’intervention, mobilisant dix chirurgiens de chirurgie plastique et reconstructive, quatre chirurgiens orthopédiques, six anesthésistes et une équipe de 25 personnes. "Il fallait oxygéner le greffon d'une manière efficace, pour pouvoir greffer ces bras sans qu'il y ait de rejet." explique Franck Zal, le directeur d'Hemarina.

Le but c'était d'utiliser cette technologie pour que les chirurgiens puissent avoir du temps pour réaliser cette opération

Dr Franck Zal, PDG de Hemarina

durée de la vidéo: 00 min 25
Première mondiale : une double greffe des avant-bras grâce aux vers marins de la société bretonne Hemarina


Le patient, un agriculteur de 34 ans

Le patient qui a bénéficié de la greffe est un agriculteur de 34 ans, qui a perdu l’usage de ses membres supérieurs au niveau des avant-bras à la suite d’une brûlure par électrocution. "Monsieur Basavana a bien accepté les avant-bras du donneur et montre des signes encourageants de rétablissement. Il a quitté le service de soins intensifs et bénéficie d’une prise en charge quotidienne en matière de thérapie active et passive. S’agissant d’une greffe qui se situe au niveau des avant-bras, il va pouvoir remuer ses doigts d’ici quelques mois lorsque l’innervation neuronale des muscles des avant-bras sera satisfaisante. Il bénéficie du soutien appuyé d’une équipe dédiée de physiothérapeutes et d’une famille aimante" indique le Professeur Subramania Iyer, l'un des chirurgiens. 

Le donneur est un jeune homme de 25 ans, étudiant en France et qui était en vacances en Inde au moment de son décès. Le père de l'étudiant avait donné son accord pour le don de ses membres supérieurs.
 

Le ver marin capable de transporter 40 fois plus d'oxygène que l'hémoglobine humaine

Le ver marin, Arenicola marina, que l'on trouve sur les côtes bretonnes est capable de rester au moins 6 heures sans respirer grâce à son hémoglobine qui se charge en oxygène à marée haute. Son hémoglobine est ainsi capable de transporter 40 fois plus d'oxygène des poumons vers les tissus de l'organisme que l'hémoglobine humaine. "Nous sommes extrêmement fiers que notre technologie ait permis de réaliser cette première mondiale, pour le patient, sa famille et aussi pour l’avancée médicale majeure qu’elle représente dans une chirurgie aussi complexe que la greffe bilatérale de deux avant-bras. Cette prouesse réalisée en Inde confirme le potentiel de HEMO2life® intégrant M101, une  molécule permettant le transport d’oxygène physiologique et sa libération sans stress oxydatif" se félicite le docteur Franck Zal. 

 

 

 

 

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