Un ver marin pour conserver les organes ? Le premier essai clinique jugé positif

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Depuis 2007, la start-up Hemarina développe le projet HEMO2life : mieux conserver les organes grâce à des vers marins. Les tests cliniques menés dernièrement pendant trois mois ont été jugés positifs.

Par Baptiste Galmiche

C'est un grand pas dans le monde de la médecine que s'apprête à franchir la start-up Hemarina, basée à Morlaix. Il y a quelques années, le Dr Franck Zal oriente sa recherche en direction d'un ver marin, l'arénicole, dont le sang pourrait permettre la conservation des greffons plusieurs jours au lieu de plusieurs heures.


Un premier essai clinique a été réalisé sur 60 patients dans six centres de transplantation français, parmi lesquels le CHRU de Brest. Tous les individus ont reçu un rein conservé avec l'ajout de Hemo2life, le produit développé par la start-up.

Résultats concluants


"Trois mois après la transplantation [...], pas de perte de greffon liée au produit, pas de décès, pas d'effet allergique, immunologique ou d'obstruction de vaisseaux sanguins, pas d'événement indésirable majeur", indique la société dans un communiqué.

Le Pr. Yannick Le Meur, chef du service de néphrologie et de transplantation rénale du CHRU de Brest, se montre "ravi" : "Chez les 60 patients recevant un rein conservé avec l’ajout de ce transporteur d’oxygène, les données montrent un excellent profil de sécurité, aussi bien pour les greffons que pour les patients [...] Nous continuons bien sûr à suivre nos patients pour s’assurer que les résultats observés aujourd’hui se traduiront par des bénéfices significatifs à long terme."

Une nouvelle encourageante pour les chercheurs. En effet, "la transplantation d'organes reste le dernier recours pour nombre de maladies qu'on ne peut pas soigner par d'autres moyens. Malgré les récents progrès, [la conservation des organes et les dommages causés par la reperfusion après un manque de sang] sont responsables de dysfonctionnements à court ou à long terme après la transplantation", note le Pr. Benoît Barrou de la Pitié-Salpêtrière à Paris.

Vers une commercialisation ?


"Cette étude confirme les résultats prometteurs constatés dans nos études pré-cliniques. Cela représente la première étape d'une nouvelle ère dans la conservation des organes", note le Dr Franck Zal, cofondateur et directeur de la start-up Hemarina. "Nous travaillons intensément pour que ce produit puisse être commercialisé, pour fournir un outil efficace pour combattre la pénurie d'organes, et ainsi mieux répondre aux besoins des patients qui sont sur liste d'attente".

"Nous avons hâte d'analyser plus avant les résultats détaillés de l'étude et de les soumettre, lors d'une présentation, à une grande conférence médicale
", conclut-il.

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