Variant breton : pas d’inquiétude près de Morlaix mais le ras-le-bol

Sur le marché de Locquirec dans le Finistère ce mercredi 17 mars, le variant breton de la Covid-19 et les restrictions imposées par la préfecture étaient dans toutes les conversations. Ambiances entre résignation, colère et ras-le-bol.

Le variant breton du Covid 19 alimentait les conversations du marché de Locquirec près de Morlaix ce mercredi 17 mars 2021
Le variant breton du Covid 19 alimentait les conversations du marché de Locquirec près de Morlaix ce mercredi 17 mars 2021 © Ivan Frohberg

Sous l’implacable soleil breton, nombreux sont ceux venus prendre un bon bol d’air ce matin au marché de Locquirec dans l’agglomération de Morlaix. Un bon bol d’air et un vrai ras-le-bol comme le résume Dominique, le visage protégé par son masque et ses lunettes de soleil :

En ce moment l’information nous met plus en état de panique qu’autre chose. Au marché du mercredi, on est plus dans le côté vivant que dans le côté épée de Damoclès au-dessus de la tête. Il faut arrêter de toujours manger Covid, dormir Covid, sinon ce n’est plus la vie, mais l’angoisse permanente.

Dominique, cliente du marché de Locquirec


Constat partagé par la gouailleuse crêpière Patricia alors qu’elle enchaîne les complètes sur sa billig :

Jusque-là, en Bretagne, on était la région sympa où il ne se passait rien et puis d’un seul coup voilà qu’on a un variant qui n’est pas détectable et qu’on va devenir le département super dangereux, alors forcément on en parle. La peur, elle n’est plus là, c’est le ras-le-bol. Les clients sont fatigués du Covid. 

Patricia, crêpière sur le marché de Locquirec

© Valerian Morzadec


Les nouvelles restrictions imposées par les préfectures du Finistère et des Côtes-d’Armor avec notamment le port du masque obligatoire sur toutes les communes de ces départements, animent en effet les conversations du marché.

Adrien, le poissonnier, constate que ce variant breton alimente « les ragots » mais ne change pas vraiment les comportements. « Les gens se demandent surtout si c’est vrai ou pas. Il y a de l’incompréhension mais pas d’inquiétude ».

 

"Le nez sous le masque ? C'est lamentable !"

Pas d’inquiétude mais parfois quelques coups de colère, comme lorsque Christian pointe du doigt des personnes en train de discuter, masques mal positionnés : « Je ne comprends pas que des gens se baladent avec le masque sous le nez au milieu de la foule ! La moindre des choses, c’est de faire attention aux autres et de respecter les autres »

Les deux hommes en question, eux, ne comprennent pas les réprimandes dont il font l’objet. Ils assurent être à l’écart et replacent leurs masques quand ils sont trop prêts des autres. Ils ne « sont pas résidents mais de passage »… pas le temps de terminer la conversation, une dame âgée les prend soudainement à partie :

C’est lamentable, lamentable ! On sait qu’il y a un cluster à Lannion, j’ai vu les dispositions du préfet… Qu’on ne puisse pas être raisonnable et mettre son masque sur son nez, je trouve ça lamentable ! 

Dominique, une cliente du marché de Locquirec

 

Variant breton: tensions sur le marché de Locquirec


Une réaction disproportionnée pour les deux hommes. Au marché de Locquirec, entre le marchand de légumes et le poissonnier, il n’y a pas que le soleil qui est implacable et le bon air marin qui vous pique au vif, il y a aussi cette satanée Covid qui vient s’immiscer dans la sortie du mercredi.  

 

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