Mouvement de grève aux salaisons Tallec de Bannalec (Finistère)

Débuté le 25 janvier, le mouvement de grève des salariés de l'entreprise agro-alimentaire qui réclament une augmentation de salaire, se poursuit. Les négociations avec la direction devraient reprendre le 24 février.

Le 19 février les salariés des salaisons Tallec entamaient leur 5ème jour de grève
Le 19 février les salariés des salaisons Tallec entamaient leur 5ème jour de grève © Muriel Le Morvan/FTV

Ce vendredi 19 février était le 5ème jour de grève pour les salariés des salaisons Tallec de Bannalec. Depuis le 25 janvier, ils réclament une augmentation de salaire d'au moins 3%, et se mettent en grève les jours de négociations avec la direction.

On travaille pour la misère

Nadine Le Corre, déléguée du personnel FO

Payés au Smic ou à peine plus, ces ouvriers n'ont pas les moyens d'engager une grève illimitée, mais ne sont pas prêts à lacher leurs revendications : "On nous propose 1% d'augmentation au 1er mars, et 0.3% au 1er septembre. C'est même pas 10€ de plus par mois. Il est grand temps qu'ils ouvrent les yeux et qu'ils comprennent qu'il faut qu'on ait un salaire décent. On travaille pour la misère en fait." explique Nadine Le Corre, déléguée du personnel (FO). "Ce qui nous a été proposé jusqu'à aujourd'hui c'est ridicule quoi ! On a cinq ou six collègues qui ont démissionné, parce que pourquoi travailler pour si peu..." renchérit Laurent Lamare, ouvrier chez Tallec.

Un conflit symptomatique d'un problème latent dans l'agroalimentaire breton

Rachetée en novembre 2017 par le groupe Agrial, entreprise coopérative normande qui compte 12 500 adhérents et 22 000 salariés dans 11 pays et 6 milliards d'€de chiffre d'affaire, la charcuterie Tallec spécialisée dans le jambon à l'ancienne emploie 200 salariés sur ses deux sites de Bannalec (Finistère).

Parmi ces salariés, une proportion toujours plus grande d'intérimaires, comme dans l'ensemble du secteur agro-alimentaire qui peine à recruter. "Ils ont du mal à recruter, comme beaucoup de boites de Bretagne. Ici aujourd'hui ils ont un gros turn-over, ils travaillent beaucoup avec des intérimaires. A un moment donné si on voit qu'il y a de moins en moins de CDI, de moins en moins de CDD et de plus en plus d'intérimaires, il faut vraiment qu'ils se remettent en question" explique David Le Doussal de l'Union Locale FO du Pays de Quimperlé.

Pour les salariés de Tallec, la prochaine journée de négociation, et de grève, est prévue mercredi prochain 24 février.

Poursuivre votre lecture sur ces sujets
grève économie social agro-alimentaire