Coworking : qui profite de cette nouvelle organisation du travail?

À la Swenson House à Audierne, des chefs d'entreprise, des indépendants ou encore des salarités viennent profiter des locaux / © E. Colin - France 3 Bretagne
À la Swenson House à Audierne, des chefs d'entreprise, des indépendants ou encore des salarités viennent profiter des locaux / © E. Colin - France 3 Bretagne

Le coworking se développe sur le territoire. Ces espaces de travail partagés, connectés accueillent les auto-entrepreneurs, des salariés en télétravail. Ces lieux de collaborations, de rencontres sont encouragés par le gouvernement pour dynamiser les territoires. 

Par Emilie Colin


Près de la mer, à la campagne, en ville, le coworking repense le travail. Cette organisation concerne au départ les travailleurs indépendants, lesquels avaient besoin d'échanges. Les espaces partagés incarnent alors un environnement stimulant, sans hiérarchie, souvent dans des cadres originaux et conviviaux. Les premiers coworkings émergent dans les années 2000 aux États-Unis. Aujourd'hui le modèle s'implante en France, d'autres types de travailleurs profitent de ce système. La Bretagne en compte 40, les Pays-de-la-Loire, 38. 

Diminuer ses charges en partageant un loyer et des services, sur un temps donné, en fonction de ses besoins, créer du réseau : voilà les attentes de ceux qui privilégient le coworking. 
 

Le droit à la connexion


Lorsque l'on parle du coworking, le mot connexion prend toute son importance. La connexion à internet d'abord, qui est indispensable, dans tous ces espaces partagés. Le travail se dématérialise de plus en plus. Comme le souligne Jérôme Le Grognec, patron d'une agence digitale rencontré à la Swenson House : "la proximité n'est plus indispensable. Dans beaucoup de métiers, on peut bosser à distance."  
 

Sur certains territoires, la connexion représente un enjeu, comme à Audierne ou à Rostrenen, pas toujours bien desservis. Ti Numerik a été lancé en 2013 en centre Bretagne. Claude Le Bihan souligne "on n'avait pas envie que le numérique nous passe sous le nez." Ici, six résidents permanents (qui viennent au mois) sont accueillis, des personnes à leur compte, des salariés en télétravail. 

La connexion c'est aussi celle qui se créée entre les différentes personnes qui fréquentent le coworking. Jérôme apprécie justement "le côté hétéroclite" du coworking "qui permet de multiplier les rencontres et les expériences." 

À Nantes, l'association Sans Shérif (du nom de la police de caractère) rassemble uniquement des professionnels du monde du livre depuis quatre ans. Ces derniers ont construit leur coworking autour de leurs métiers. Éviter la solitude, comprendre les différents maillons de la chaîne du livre, nouer des collaborations, les avantages sont nombreux pour ceux qui ont décidé de partager un loyer, et des savoirs. "On ne partage pas seulement l'espace mais aussi des avis" explique Sandrine Massuger, présidente de Sans Shérif. 
 
Coworking : qui profite de cette nouvelle organisation du travail ?
Un reportage de E. Colin, E. Flahaut, B. Le Vaillant, JM. Lalier, C. Pierret / avec Sandrine Massuger, Présidente de l'association "Sans Shérif" / Illustratrice - Camille Pillias, Co-fondatrice de l'association "Sans Shérif" / Directrice artistique et iconographe - Muriel, en création d'entreprise - Nicolas Le Duin, Conseiller en formation - Kevin Le Goff, Co-fondateur Swenson House


Le coworking, quel modèle économique ?


Le coworking ne se suffit pas à lui seul. "Cela représente une phase dans une vie professionnelle, temporaire" rappelle Kevin Le Goff, co-fondateur de la Swenson House. Lui ajoute d'autres services en plus de la location de son espace de 300 m². Il parie notamment sur le cadre d'Audierne, plutôt agréable et près de la mer pour organiser des retraites (séjours personnalisés, avec des sessions surf par exemple). Il propose des ateliers dédiés aux professionnels comme : comment gérer son image sur les réseaux sociaux ? "Le coworking tout seul c'est un modèle économique assez léger, cela doit devenir un vrai lieu de vie." indique-t-il. 

À Rostrenen, Ti Numerik, malgré son emplacement central en Bretagne et des activités parallèles comme la location de salles de réunion, la structure survit financièrement. "On réussit à se maintenir, mais on n'a pas beaucoup de subventions." dit Claude Le Bihan. Et d'ajouter "On reste fragile, bien que l'on ait doublé nos recettes entre 2017 et 2018. On ne pratique pas les mêmes prix qu'en ville, ce qui change la donne."
 

Les tiers-lieux, avenir des territoires ? 


Selon une étude menée par la fondation "Travailler autrement" et remise au gouvernement, les coworkings s'inscrivent en tant que tiers-lieux, des endroits à développer, pour favoriser la dynamique des territoires. "Ce sont des espaces physiques ou virtuels de rencontres entre personnes et compétences variées qui n’ont pas forcément vocation à se croiser. Ils permettent les rencontres informelles et favorisent la créativité issue des interactions sociales, notamment à travers l’ouverture, la flexibilité, la convivialité et l’accessibilité." Le développement du télétravail pourrait encore accélerer l'implantation du coworking. 
 

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