En images. "C'est un peu impressionnant, nous on n'est que trois au collège". A Quimper, des élèves de l'île de Sein préparent leur entrée au lycée

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Sur l'île de Sein, elles ne sont que trois collégiennes. ©Léo Seux / Manon Le Charpentier

Self, CDI, gymnase... Ces lieux font partie du quotidien de la plupart des collégiens bretons. Mais pas pour Lily-Rose, Léa et Justine. Scolarisées sur l'île de Sein, ces trois jeunes filles devront bientôt rejoindre le continent pour poursuivre leur scolarité. À Quimper, le lycée de Cornouaille les a accueillies pour trois jours d'immersion.

Du haut de son vélo elliptique, Justine scrute le gymnase du lycée de Cornouaille.

"Sur l'île, on a aussi une salle de sport, mais il n'y a pas de machine comme celle-là. J'en ai parfois quand je vais en stage de kayak."

Car sur l'île de Sein, pour Justine, le sport se pratique le plus souvent au grand air : "On fait du kayak, du paddle, de l'escalade, du tir à l'arc, on a aussi une pirogue et sinon on peut courir jusqu'au phare."

À plus d'une heure de navigation du continent, les trois collégiennes de l'Île de Sein vivent une scolarité bien différente de celle des autres jeunes bretons. Un mode de vie que les trois collégiennes ont raconté dans un podcast sur France Culture. 

Un collège pour les îles... mais pas de lycée

"Sur l'île de Sein, il y a la force de la nature, témoigne Julien Marzin, leur professeur. Ça, c'est un super terrain de jeu pour faire de l'éducation physique et sportive, mais effectivement, on n'a pas d'infrastructure comme celle-ci. C'est important de faire découvrir ça aux élèves."

Julien Marzin les connaît depuis qu'elles sont toutes petites. Cela fait 20 ans qu'il enseigne le sport, l'art plastique et la SVT aux élèves de cette île et à ceux de l'île de Batz. Il fait partie de la vingtaine de professeurs du collège public des îles du Ponant. Un collège un peu particulier qui regroupe 70 élèves sur six sites différents : à Molène, Ouessant, Batz, Houat, Sein et Groix.

Mais il n'existe pas de lycée sur ces îles. Alors quels que soient la filière et le lycée qu'elles choisiront, l'année prochaine, Lily-Rose et Léa devront dormir à l'internat et ne pourront rentrer sur "leur caillou" que le week-end. 

Ces trois jours d'immersion au lycée de Cornouaille à Quimper leur permettent d'appréhender cette nouvelle vie plus sereinement. 

De 3 au collège à 800 au lycée

Car les principales craintes des trois élèves, c'est le nombre de lycéens qu'elles côtoieront bientôt. 

"C'est un peu impressionnant, reconnaît Lily-Rose. Nous, on n'est que trois au collège. J'ai un peu peur, je suis stressée."

Les élèves ici, il y en a 700 de plus que les habitants de l'île, renchérit Justine. Nous, on est 120 à peu près, et eux, ils sont dans les 800, donc ça fait quand même bizarre

Justine

Mais Justine ajoute ne pas être stressée car l'adolescente n'est encore qu'en 5e. La rentrée au lycée, ça ne sera que dans deux ans. 

Immersion en cours de sport et d'informatique, visite de plusieurs lieux emblématiques de Quimper, pendant ces trois jours, les trois élèves ont eu un aperçu de ce qui les attendra au lycée.

"Si elles s'inscrivent ici, il faudra aussi que nous prenions en compte la problématique du transport, indique Jean-François Jacopin, proviseur du Lycée de Cornouaille. Nous allons peut-être imaginer un accueil à l'internat dès le dimanche soir pour elle."

Cette expérience immersive pourrait se réitérer au printemps prochain.  

En 2019, la réalisatrice Laurie Anne Courson avait aussi suivi Olwen et Jean, les deux seuls collégiens scolarisés sur l'île de Sein à l'époque. Au cœur de ce documentaire, leur parcours, leurs émotions, leurs questionnements durant cette étape fragile que représente l’adolescence. Tous deux étaient viscéralement attachés à "leur caillou, leur royaume".