Finistère. Des microbilles plastiques s'échouent sur des kilomètres de plages

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Depuis plusieurs jours, des microbilles plastiques se déversent sur des plages du sud-Finistère, à la faveur des marées. Un phénomène de plus en plus fréquent que surveille Vigipol, le syndicat mixte de protection du littoral breton. Si les volumes observés "ne sont pas importants", cette pollution a un impact sur le milieu naturel.

Depuis plusieurs jours, des petites billes plastiques s'échouent sur des kilomètres de plages dans le Pays Bigouden. Jusque-là, le phénomène n'a été observé que dans quatre communes : Tréffiagat, Plomeur, Le Guilvinec et Penmarc'h. "Même si les quantités ne sont pas énormes, c'est une pollution de plus dont on se passerait bien, remarque le directeur des services de la mairie de Tréffiagat. Du plastique sur les plages, on en a malheureusement toute l'année".

Cette pollution à petite échelle, Vigipol la surveille de près. Le syndicat mixte de protection du littoral breton a lancé des investigations, en s'appuyant sur l'expertise du Cedre, le centre de documentation, de recherche et d'expérimentation sur les produits polluants, basé à Brest. "Des échantillons ont été prélevés, indique Sophie Bahé, directrice de Vigipol. Ils sont en cours de traitement".

Origine indéterminée

Première hypothèse : les microbilles pourraient provenir d'un conteneur perdu en mer. Vigipol a donc contacté la préfecture maritime pour "savoir si elle avait été alertée sur une perte de conteneurs au large de la pointe bretonne. Elle nous a répondu qu'elle n'avait reçu aucun signalement allant dans ce sens" précise Sophie Bahé.

La piste semble pourtant la plus probable, car ce type de matière est transporté par voie maritime. Reste à savoir si l'échouage de ces billes plastiques est cantonné à ce secteur du sud-Finistère. "Même si le volume déversé n'est pas important, cela mérite un suivi pour voir si cela ne s'aggrave pas et s'il n'y en aura pas ailleurs dans les prochains jours, explique la directrice de Vigipol. Et auquel cas, il faudra aussi se demander si les microbilles ne viennent pas d'une installation à terre".

Vigipolites

Également appelées 'larmes de sirène', les microbilles plastiques n'ont rien de poétique, mais tout d'une catastrophe écologique. Impossible de les ramasser sans dégrader le milieu naturel. "Il n'y pas de technique particulière pour les retirer sans prendre le risque de prélever du sable en même temps" note Sophie Bahé. Laquelle rappelle que ces micro-déchets contaminent les poissons et les oiseaux "qui peuvent les ingérer".

La directrice de Vigipole note que "ces petites pollutions sont de plus en plus fréquentes. Elles s'accélèrent, dit-elle. Voilà pourquoi on les surveille avec beaucoup d'attention".

Le syndicat mixte de protection du littoral breton s'est d'ailleurs doté d'un réseau de lanceurs d'alerte bénévoles, les Vigipolites. "L'objectif est d'avoir des signalements fiables le plus rapidement possible pour agir, connaître le risque réel, conduire des actions de sensibilisation, etc. Ces alertes permettent d'obtenir une image la plus fidèle possible et en temps réel de l'arrivage de polluants". 

 

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