Dans ce complexe de loisir breton, la vague de surf artificielle fait tiquer, mais attire les clients

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C'est un équipement qui a fait polémique. La playce a ouvert ses portes au public il y a quelques jours, à Quimper. 6500 m2 de jeux et divertissements couverts, avec notamment une attraction unique en Bretagne : une vague de surf artificielle. ©France 3 Bretagne / Catherine Aubaile

Depuis deux jours, le complexe de loisirs indoor de 6500 m2 construit par le groupe Nicot a ouvert ses portes au public. Attraction phare, une vague de surf artificielle. Considéré comme un projet "destructeur, anachronique et scandaleux" par des associations environnementales et un collectif citoyen, le plus grand site du genre en bretagne attire ses premiers flots de clients et de curieux.

Dans un parc de plus de deux hectares, le bâtiment flambant neuf de 6500 m2 est immanquable dans la zone de Keradennec à Quimper. Construit par le groupe Nicot pour un montant d'environ 12 millions d'euros, le plus grand complexe de loisirs indoor en Bretagne vient d'ouvrir ses portes.

Laser games, escape games, arènes de jeux virtuels, bowling, mais aussi karaoké... En tout, près de 20 activités. Mais la reine du lieu, c'est la vague de surf artificielle. Dans une eau à 25 degrés, comme le précise le site internet, la possibilité de ressentir la glisse sur une planche pendant des séances de 20 minutes. Prix de la sensation entre 22 et 59 euros. Pour Matthieu Tréguier, responsable du complexe "La Playce", le premier bilan est positif. " Nous avons fait entre 600 et 800 entrées pour les premiers jours qui sont hors vacances. Nous avons des félicitations sur le lieu, le calme des lieux, un lieu multi-activités et multigénérations."

Pétition en ligne contre le projet

Mais tout le monde n'est pas du même avis. En septembre 2022, un collectif citoyen a même lancé une pétition en ligne intitulée "Contre la vague artificielle à Quimper". Elle compte aujourd'hui environ 1900 signatures. Une pétition qui pointe du doigt le bétonnage et l'abattage de milliers d'arbres pour construire le site mais aussi la consommation d'eau ou encore la concurrence économique faite aux dépens des autres établissements de loisirs comme le bowling, le karaoké ou les salles de jeux en réalité virtuelle. Un collectif citoyen rejoint par le groupe quimpérois du mouvement Extinction Rebellion qui parle d'un projet "inutile, destructeur, anachronique et scandaleux."  Des militants qui dénoncent la création d'un tel complexe à proximité du site naturel de surf de la Torche.

Une vague en circuit fermé avec de l'eau de pluie récupérée

Des critiques auxquelles le responsable du complexe tient à contredire. "La vague est en circuit fermé. La consommation annuelle d'eau pour cette vague sera de 120 m3. Il s'agit de l'eau de pluie que l'on récupère. Cela correspond à la consommation d'une famille de quatre personnes par an. D'autre part, nous avons mis le maximum de panneaux solaires que nous pouvions et cela devrait alimenter l'ensemble des jeux."

Une polémique que les premiers clients regardent un peu de loin. Comme cette mère de famille venue avec sa fille. "C'est elle qui a insisté pour venir. Je pense qu'elle s'amuse sur la vague. J'ai eu un peu peur moi, mais elle, elle s'amuse." Un peu plus loin, deux amis étudiants venus en curieux. Pour l'un d'entre eux "c'est sûr que ça peut faire polémique. Mais l'avantage de ce lieu, c'est qu'on peut pratiquer par tous temps donc je me mets à la place des sportifs." Pour l'autre, l'avis est plus tranché. "Moi je pense que c'est une polémique assez nulle. Car c'est de l'eau recyclée. C'est toujours la même eau. Et En plus à Quimper, il n'y avait rien pour sortir pour les jeunes le week-end."

"Au départ, on était réticents par rapport au côté écologique"

Les yeux rivés sur leurs deux enfants engagés sur la vague, un couple ne cache pas sa gêne. "Au départ, on était réticents par rapport au côté écologique, à la consommation d'énergie. Et puis aussi par rapport à l'esprit du surf qui est plutôt un esprit tourné vers l'ouverture extérieure, la plage, la nature. Mais nous avons cédé. Cela dit, le prix ne nous fera pas venir tous les jours."

Signe d'accalmie, le nouveau complexe de loisirs quimpérois prévoit de travailler avec les clubs de surf de la région notamment lors des périodes hivernales.

(Avec Catherine Aubaile)