Quimper. Près de 5000 personnes se mobilisent pour l'avenir des langues bretonnes

Plusieurs milliers de manifestants ont répondu à l'appel des associations d'enseignement du breton et du gallo ce samedi 13 mars à Quimper pour la défense du breton et du gallo. Ils réclament la signature d'une convention Etat-Région, actuellement reportée.

Ils sont plusieurs milliers à s'être rassemblés ce samedi 13 mars à 13h13 place Saint-Corentin à Quimper (Finistère). Tous pour clamer leur amour des langues de Bretagne et leur attachement à leur apprentissage. Un enseignement qui nécessite un cadre précis avec une convention Etat-Région. Or cette dernière pourrait ne pas être renouvelée en Bretagne suite au bras de fer entamé par le président de la Région avec le ministre de l'Education nationale, Jean-Michel Blanquer.

Des personnalités politiques de tous bords politiques se sont mêlés à la mobilisation dont Loïg Chesnais-Girard, président PS du conseil régional ; Paul Molac, député (Libertés et Territoires) du Morbihan ; Ronan Dantec, sénateur (groupe Écologiste - Solidarité et Territoires) de Loire-Atlantique ; Isabelle Assih, maire PS de Quimper ; Nathalie Sarabezolles, présidente PS du conseil départemental du Finistère ; Marc Le Fur, député LR des Côtes-d’Armor ; Christian Troadec, maire régionaliste de Carhaix ; Didier Le Gac, député LREM du Finistère et Yannick Kerlogot, député LREM des Côtes d'Armor.

Lors des prises de paroles des présidents d'association et des élus politiques, tous ont insisté sur l'importance de la convention Etat-Région sur l'enseignement des langues régionales. Ils ont fustigé "les blocages et les freins à Paris", demandant à ce que certaines décisions soient décentralisées concernant cette question.

Images : Sarra Ben Chérifa

Les manifestants ont déambulé par la suite dans le centre-ville de Quimper.

 

Une convention essentielle pour un cadre indispensable 

Pour les associations de défense des langues régionales, cette convention doit impérativement être renouvelée. Elle représente un cadre indispensable. "Les langues régionales font partie du patrimoine de la France, ça c'est la Constitution. Mais ce qui manque après c'est la déclinaison concrète, pour mettre ça en place sur le terrain. Si on avait ce cadre inscrit, avec l'importance de la langue bretonne, les moyens alloués à ces enjeux-là, on ne perdrait pas notre temps sur des points de détails" expliquait dernièrement Stéphanie Stoll, présidente de Diwan. 

De même Rémi Toulhoat, président de Div Yezh (enseignement public bilingue), expliquait qu' "il faut que les représentants de l'Etat et le ministre de l'Education nationale entendent qu'en Bretagne il y a une demande sociale. Les Bretons veulent apprendre leur langue. Il faut donc qu'on leur permette d'étudier." 

 

Ça coince entre la Région et l'Etat

La convention précédente est arrivée à échéance fin 2020 et doit être renouvelée tous les cinq ans. Or, Loïg Chesnais Girard, président du conseil régional refuse de la signer mettant en avant les "crispations" du ministre de l'Education nationale sur la question des langues régionales. 

 

10 propositions pour développer l'enseignement des langues régionales

Les associations Ti ar vro Kemper, Diwan, div yezh Breizh, Divaskell, Kelennomp et Kevre Breizh ont présenté 10 propositions pour cette nouvelle Convention Etat-Région sur la langue bretonne. Des propositions pour un meilleur accès à l'initiation des langues bretonnes avec entre autres de nouveaux moyens d'y accéder,pour une formation pour les personnels non-enseignants, pour sécuriser et valoriser les parcours bilingues et pour faciliter la formation des enseignants.

Les associations Cllâssiers, les enseignants de gallo et l'Institut de la langue gallèse, porteuses d'un projet d'enseignement et de formation au gallo appellent également à la mobilisation pour "affirmer leur volonté d’avancer sur des projets ambitieux nécessaires à la survie et au développement de la langue gallèse" indiquent-elles dans un communiqué. Elles insistent sur le fait qu'il est "nécessaire et urgent d’adopter une loi donnant aux langues régionales un statut qui leur garantit une protection pérenne et une véritable promotion". Ces propos font référence à la proposition de loi sur la protection patrimoniale des langues régionales et leur promotion, portée par Paul Molac, député du Morbihan, qui sera examinée par l’Assemblée nationale en seconde lecture le 8 avril prochain.


Cette manifestation est dans la continuité de la mobilisation du 20 février dernier à Brest où plus de 1500 personnes s'étaient rassemblées pour s'opposer à une disposition du ministère de l'Education nationale qui limitait à 3 heures par semaine et par niveau l’enseignement des langues régionales dans le secondaire, alors qu'il était de 3 heures par classe auparavant. Une mobilisation qui avait sans doute joué dans la décision du rectorat de Rennes de revenir sur l'annonce du ministère et de réattribuer ces heures par classe.

 

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