VIDEO. Quimper, le débat d'entre-deux tours des municipales : ce que l'on retient

A Quimper, le second tour des municipales sera triangulaire. Le maire sortant divers droite, Ludovic Jolivet, n'a pas obtenu la fusion avec la liste LREM d'Annaïg Le Meur. C'est la socialiste Isabelle Assih qui est arrivée en tête le 15 mars. Ils étaient invités à débattre sur France 3 Bretagne.
Nathalie Rossignol (à gauche) présente le débat entre Annaïg Le Meur, Isabelle Assih et Ludovic Jolivet (de g à d) pour le 2e tour des élections municipales de Quimper
Nathalie Rossignol (à gauche) présente le débat entre Annaïg Le Meur, Isabelle Assih et Ludovic Jolivet (de g à d) pour le 2e tour des élections municipales de Quimper © FTV

Pas d'écharpe rayée "gwen ha du" pour Ludovic Jolivet, le maire sortant divers droite de Quimper (30,23 %) qui fait face à deux femmes : la socialiste Isabelle Assih, arrivée en tête au premier tour avec 32,06 % des voix et la députée Annaïg Le Meur dont la liste LREM a recueilli 13,75 % des suffrages. Le débat commence en douceur sur cette question de la fusion ratée entre le maire sortant et la candidate LREM.

Ludovic Jolivet n'en éprouve aucune amertume, même s'il sait que cette triangulaire le met en mauvaise posture. C'est d'ailleurs la raison pour laquelle il a tout essayé jusqu'à la dernière minute pour convaincre Annaïg Le Meur. Celle-ci est restée sur la parole donnée au soir du premier tour. "La fusion, dit-elle, ce serait rogner l'ADN d'En Marche".

 

Le débat vu par Loïc Schvartz
Le débat vu par Loïc Schvartz © Schartz

 

Crise sanitaire et relance de l'économie

 

Se faire coiffer au poteau par Isabelle Assih le 15 mars, il a beau dire et ou ne rien dire : Ludovic Jolivet l'a un peu mauvaise et laisse apparaître, au fil du débat, quelques agacements. A coups de "vous verrez quand vous serez en charge de la Ville" répétés à plusieurs reprises quand son adversaire socialiste évoque son programme. Exemple avec la création d'une épicerie sociale pour les étudiants, projet défendu par Isabelle Assih. "Il y a déjà une épicerie sociale à Quimper, s'amuse le maire sortant. S'il faut rajouter une structure spécifique aux étudiants, ça va coûter de l'argent. Mais vous, les socialistes, vous aimez bien rajouter des structures. C'est mécanique, chez vous !". La candidate socialiste rétorque : "ce qui est mécanique chez nous, c'est la solidarité"

Annaïg Le Meur, elle, ce qu'elle aime, c'est "le gagnant-gagnant", une expression qu'elle utilisera maintes fois, notamment pour annoncer son souhait de distribuer à court-terme des chèques-cadeau de 50 euros aux ménages quimpérois les plus modestes. "Des chèques, explique-t-elle, pour consommer dans les commerces de proximité. C'est gagnant-gagnant"
"Du saupoudrage pour se donner bonne conscience" lance Ludovic Jolivet qui, au sortir de la crise sanitaire, veut "accompagner les entreprises pour leur permettre de trouver des marchés nouveaux". Comment ? "Avec l'aide de cabinets-conseils". Isabelle Assih, de son côté, parle de la création d'un fonds d'aide supplémentaire "sous forme de subventions ou de prêt, pour les entreprises et les associations"

L'impact de la Covid-19 les met tous d'accord sur la nécessité de relancer l'économie localement. De même se rejoignent-ils sur l'importance du rôle du maire pour y parvenir. Tout le monde se détend un petit moment car les dossiers qui fâchent vont arriver très vite.

 

La "Ludomobile" s'invite dans la campagne

 

Avec au premier chef, et même si cela pourrait sembler anecdotique, celui de la "Ludomobile" : ce camion de campagne du second tour à l'effigie du maire sortant qui a silloné Quimper. Sur les réseaux sociaux, la polémique a fait rage. Certains y ont vu de l'affichage illégal.

Et les adversaires de Ludovic Jolivet, elles en pensent quoi ? D'un ton très dégagé, Isabelle Assih souligne que "vu les valeurs écologistes que je porte, utiliser un véhicule potentiellement polluant, j'évite". Annaïg Le Meur y voit du "tape-à-l'oeil, de la communication. Ce n'est pas du tout mon principe. Je préfère être au contact des gens" note-t-elle.
Et l'intéressé de plaider sa cause en expliquant que ce fourgon est "un outil pour aller à la rencontre des habitants, pour coller les affiches. C'est un bureau annexe en somme". Sourire amusé des deux candidates. 

 

 

Objectif jeunes


Le thème de la jeunesse et de l'enfance occupe aussi les candidats qui, à tour de rôle, donnent leur approche de la question. Isabelle Assih envisage de créer de nouvelles crèches, de renforcer l'accompagnement scolaire en primaire. Elle évoque également le lancement d'un "plan ado pour garantir plus d'activités d'accompagnement pendant l'été" et la création d'une Maison de la jeunesse. 


Ludovic Jolivet se dit "plus pragmatique". "Un travail bénévole contre une aide au permis de conduire et au BAFA" (brevet d'animateur, NDLR). 
"C'est une bonne idée, indique Annaïg Le Meur, car on le propose aussi". "Comme quoi, on aurait dû fusionner" réplique le maire sortant. La candidate LREM reste de marbre et poursuit en citant son projet de campus numérique.

 

La construction d'une salle pour le sport et la culture : oui, mais....


Sur le principe, les trois candidats sont d'accord. Les divergences portent, entre autres, sur la taille de ce futur équipement sportif et culturel : 5000 places pour Ludovic Jolivet, pour un coût de 25 à 40 millions d'euros. 3000 places pour Isabelle Assih. 3500 pour Annaïg Le Meur.
Le maire sortant donne l'impression d'être plus fébrile sur le dossier. La crise de la Covid-19 semble avoir refroidi son enthousiasme "Nous n'avons pas de problème pour financer cette salle, précise-t-il, mais il peut y avoir un bémol sanitaire vu la crise que l'on vient de traverser. Pourrons-nous utiliser cette salle en pleine capacité ?"
La réponse de la candidate socialise fuse : "moi, mon bémol, il est financier ! On a besoin d'un équipement sport et culture à Quimper, à condition qu'il corresponde au bassin de vie".
La candidate LREM campe sur son programme : "il faut une salle sur Quimper avec un financement public-privé"


Ils ont dit aussi...



Etes-vous pour ou contre la création d'une police municipale ? 
Annaïg Le Meur est pour une police municipale "de vingt agents équipés d'armes non létales", le tout assorti de brigades canine et environnementale.
Isabelle Assih est pour "mais sans armes à feu'"
Ludovic Jolivet est pour "avec trente agents armés".

Et la vidéosurveillance ?
Isabelle Assih se dit pour "mais cela ne reste qu'un outil qu'il faut analyser pour savoir où on le positionne dans la ville"
Annaïg Le Meur est pour : "On doit être réactif et agile dans le maintien de la sécurité" remarque-t-elle.
Ludovic Jolivet est pour et argue de "sa nécessité pour orienter les forces de police. Ou on subit ou on agit".
 

Plateforme logistique de 10.000 m2, pour ou contre ?
Six hectares de terrain viennent d'être vendus à Briec pour l'installation de cette plateforme logistique. Mais pour y faire quoi et avec qui ? Ce dossier, validé par la communauté d'agglomération, est trop "opaque" relève la candidate LREM. Opaque sur l'identité de l'entreprise qui occupera les lieux. Amazon ? Ce nom circule, y compris pendant ce débat d'entre-deux tours.
Isabelle Assih et Annaïg Le Meur auront pourtant bien tenté d'en savoir plus. En vain. Ludovic Jolivet botte en touche : "peu importe qui ! Ce qui compte, c'est que l'on ait cette base logistique. On ne va quand même pas faire la fine bouche".
Ses deux adversaires lui reprochent son "manque de transparence". "Si c'est Amazon, dites-le car cela va aussi conditionner le type d'emplois implantés sur le territoire" s'énerve Isabelle Assih. Mais il ne dira rien.

 

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