Répartition territoriale des médecins : le sénateur finistérien Jean-Luc Fichet chahuté dans l'hémicycle

Petit coup de chaud vendredi soir au Sénat sur la question récurrente de la répartition territoriale des jeunes médecins : combien coûte un sénateur pour reprocher à un étudiant ce qu'il coûte à la Nation ?", a notamment lancé le sénateur LR Alain Milon à Jean-Luc Fichet (PS). 
Jean-Luc Fichet, sénateur PS du Finistère milite depuis toujours pour une offre de soins équitable sur tout le territoire
Jean-Luc Fichet, sénateur PS du Finistère milite depuis toujours pour une offre de soins équitable sur tout le territoire © Sénat
Lors de l'examen du projet de budget de la Sécurité sociale, Jean-Luc Fichet, sénateur PS du Finistère, a défendu un amendement en faveur d'un "conventionnement territorialisé". C'est-à-dire une régulation des conventionnements des nouveaux médecins à l'Assurance maladie pour les inciter à s'installer dans des zones de déserts médicaux.
 

A l'heure actuelle, il y a 9 millions de Français qui n'ont pas de médecin traitant 

Jean-Luc Fichet

Réguler les installations sur le territoire


"On a un vrai problème de désertification et d'installation de médecins. On se retrouve avec des zones sous dotées, sans médecin, à moins d'une demi-heure de route", rappelle Jean-Luc Fichet joint par téléphone ce samedi. "Moi, ma proposition c'est de dire que si les nouveaux médecins vont dans une zone où l'offre médicale est déjà importante, ils ne peuvent s'installer que si un autre médecin s'en va." 

"Je savais que je touchais un point sensible", dit-il. Car les débats se sont ensuite effectivement emballés. L'argument de la libre installation lui a été avancé. "La contrainte n'est pas la solution", a affirmé la ministre Brigitte Bourguignon, dans un brouhaha ambiant. "On n'est plus dans la même médecine qu'autrefois, je n'y peux rien, c'est culturel", a-t-elle ajouté.

Ce qui a surtout fait tiquer, c'est la remarque de Jean-Luc Fichet sur le coût, "minimum", précise-t-il, des études de médecine. "Le conventionnement territorialisé, c'est pas grand-chose, quand on sait que la formation d'un médecin, c'est 150.000 euros que ça coûte à l'Etat."  "Compte tenu de cela, on peut avoir une certaine exigence en retour" estime-t-il.

"Je trouve scandaleux que vous puissiez reprocher à un étudiant en médecine qu'il coûte à l'Etat 150.000 euros", a alors réagi l'ancien président de la commission des Affaires sociales Alain Milon. "Vous ne savez pas, en plus, combien d'économies l'étudiant en médecine permet à l'hôpital de faire", a-t-il poursuivi, avant de lâcher : "Combien coûte un sénateur pour reprocher à un étudiant ce qu'il coûte à la Nation ?".

"Je suis élu, comme lui. Ce parallèle m'a paru sidérant mais je n'ai pas pu répondre car le président de séance ne nous a pas autorisés à poursuivre. C'est mon droit et mon devoir en tant que parlementaire d'interroger sur l'offre de soins. Je reste ferme sur mes interrogations", 
explique Jean-Luc Fichet

Catherine Deroche (LR), a renchéri: "Ce ne sont pas des glandeurs, ils travaillent pendant toutes les années de leurs études". Elle a elle aussi jugé "totalement scandaleux" qu'on leur reproche "l'argent qu'ils coûtent à la collectivité", après "la période qu'on vient de vivre" et leur implication dans la crise sanitaire.

L'amendement de M. Fichet, et d'autres allant dans le même sens, ont finalement été rejetés. Jean-Luc Fichet note que ceux qui ont voté en sa faveur représentent des zones où l'offre de soins est insuffisante. 

  
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