Reprise de Doux par l'ukrainien MHP : l'incertitude croît chez les éleveurs

En Bretagne, 156 éleveurs travaillent directement pour le groupe Doux. / © DAMIEN MEYER / AFP
En Bretagne, 156 éleveurs travaillent directement pour le groupe Doux. / © DAMIEN MEYER / AFP

Ce mardi 13, l'étude par le personnel de l'offre de reprise de Doux par le numéro 1 de la volaille ukrainien MHP n'a pas permis d'aboutir sur une annonce. Du côté des éleveurs qui travaillent directement pour Doux en Bretagne, l'incertitude et le doute se font sentir.

Par Jeanne Travers

L'avenir reste incertain pour le groupe Doux en Bretagne. Ce mardi 13 mars, l'offre de reprise proposée par le volailler ukrainien MHP était présentée aux représentants du personnel. Une réunion qui n'aura pas débouché sur une annonce, un nouveau Comité central d'entreprise (CCE) a d'ores et déjà été annoncé pour le 21 mars prochain.


L'incertitude sur l'avenir de Doux, c'est aussi une onde de choc dans les élevages qui fournissent les abattoirs. En Vendée notamment, le site de Chantonnay doit fermer ses portes provoquant la perte d'emploi de 90 personnes. 

Pour la région Bretagne, l'avenir de 156 éleveurs repose sur la reprise du groupe Doux. Ils travaillent en intégration : "Nous avons des exploitations qui nous appartiennent, on nous fournit le poussin et l'aliment pour sortir un poulet que nous re-cédons au groupe Doux", précise Marc Cornec, président des producteurs Doux de Bretagne.

Demande de garanties sur les volumes de production​


Si l'offre de l'Ukrainien MHP venait à être acceptée, il faudra changer leur mode de fabrication et notamment abandonner la production de poulets congelés pour du haut de gamme. Ce n'est pas ce qui inquiète les éleveurs, qui ont déjà pratiqué ce mode de production par le passé. En revanche, le modèle social proposé inquiète : "J'espère qu'ils ne vont pas vouloir dupliquer ce qu'ils font chez eux", confie M. Cornec.

Nous n'avons pas les mêmes structures, pas les mêmes contraintes... S'ils voulaient dupliquer ça, nous serions les grands perdants.


Leurs inquiétudes pèsent manifestement sur l'avenir des éleveurs, mais surtout sur celui des salariés : "si on ne produit pas, les salariés n'ont pas de travail", souligne M. Cornec. "Nous sommes donc vigilants à avoir un volume de production suffisant". "Il faut qu'on ait des garanties sur les volumes", demande l'éleveur.

► Revoir l'interview de Marc Corner, président des producteurs Doux de Bretagne :


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